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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

jeudi, octobre 28, 2010

RUSH Counterparts (1993)

Rush - Counterparts - Heavy Prog
Heavy Prog / Hard FM (Canada)


Étonnante pochette… pour un disque qui ne l’est pas forcément moins. Counterparts continue ici sur la lancée de Roll the Bones en donnant une place d’honneur aux guitares sans pour autant délaisser le côté radio-friendly. Les synthés se mettent cependant plus en retrait, et Rush continue de métamorphoser le son de ses chansons, progressivement mais sûrement. Le rock conceptuel et alambiqué de la fin des 70’s tout comme les explorations synthétiques des 80’s sont déjà loin ; pour le coup, ça y est, Rush ressemblerait vraiment à un authentique groupe 90’s, mêlant rock heavy et alternatif.

Dans cette nouvelle collection de chansons, plusieurs morceaux semblent se détacher ; le robuste ‘Animate’ et l’excellent instrumental ‘Leave that Thing Alone’ sont de savants mélanges de rigidité, de solidité et de dynamique, quand ‘The Speed of Love’, ‘Alien Shore’ & ‘Cold Fire’ présentent un rock plus souple voire sensible, tout en demeurant volontaire et efficace. Pensons aussi à l’acoustique fm-isé de ‘Nobody’s Hero’, un peu emprunté mais plutôt prenant pour son bridge aérien et le son limpide de sa guitare.

Dans l’ensemble, si les morceaux de Counterparts donnent un aspect hétérogène et diversifié à l’ensemble, ils n’en gardent pas moins entre eux un certain liant. Et la qualité est au rendez-vous même si quelques titres paraissent toujours un peu moins bons. Mais qu’à cela ne tienne, Rush est bel est bien entré dans les nineties et se fait une place au sein de la concurrence avec un disque plaisant et attractif.

Note : 4/6

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mercredi, octobre 27, 2010

RUSH Roll the Bones (1991)

Rush - Roll The Bones
Heavy Prog / Hard FM (Canada)


Un morceau de lumière sorti de l’obscurité, tel est Roll the Bones… Une musique élégiaque et amère, mais aussi classieuse et fougueuse, malgré l’évocation de thématiques bien sombres comme celle du Mal métaphysique suprême : la Mort. Ce mélange de ténacité et d’amertume forme ainsi la nature de ce disque clair-obscur, parfois lugubre mais étrangement (trans)lucide. Et puis nous tenons peut-être ici le meilleur album 90’s de Rush…

Certes, encore une fois, tout n’est pas parfait. Et c’est précisément le propre d’un album de Rush de ne pas être parfait… On aurait en effet pu se passer de ‘You Bet Your Life’, et peut-être aussi du rap, audacieux il est vrai, du morceau-titre… Quant à ‘Heresy’, pas tout à fait mauvais au demeurant, il s’efface devant la qualité des autres titres.

Certes oui, on aurait pu se passer de tout cela… Mais que dire de cette entrée en matière ? ‘Dreamline’, pleine de tension et d’énergie, ouvre les débats de la meilleure façon, suivie de la nostalgie lumineuse et émouvante de ‘Bravado’… Ajoutez à cela la dynamique de ‘Roll the Bones’, les synthés inquiétants et ténébreux sur ‘Face Up’, les atmosphères envoûtantes et méditatives de ‘Ghost Of A Chance’…

Et puis surtout, il y a ces deux morceaux qui me plaisent tout particulièrement : ‘The Big Wheel’ déjà, pour ses claviers un peu menaçants mais au final vraiment magnétisants ; et l’entêtant ‘Neurotica’, qui brille par son refrain et son solo de lumière… Deux compositions que je ne me lasse pas d'écouter.

Enfin, Rush n’oublie pas de concocter un instrumental supplémentaire : ‘Where’s my Thing?’, qui assoit encore un peu plus l’identité de l’album. Il fut d’ailleurs nominé pour la meilleure performance instrumentale rock en 1992, lors des Grammy Awards.

Alors, tristesse ? Résignation ?… non la flamme semblerait encore présente, elle brille toujours et nous drape dans l’espérance. Hostilité ? Mélancolie ? Rush tient cette flamme haute, et se dépasse sur une musique irrésistible, ce panache et cette émotion restant au service d’une musique à la fois sincère et ambiguë. Solide, efficace et maîtrisé, véritablement énergisant, Roll The Bones n’est dès lors pas très loin d’être une référence dans la discographie du groupe.

Note : 5/6

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mercredi, octobre 06, 2010

RUSH Hold Your Fire (1987)

Rush - Hold Your Fire
Hard Prog / FM synthétique (Canada)


Une simple affaire de style… C’est bien sur ce point que seront divisés les fans de Rush pour l’album ici présent, Hold Your Fire, dernier wagon de ce tir groupé lancé par Signals, qui servait un peu d’album matrice. Comme sur Power Windows, Rush tombe dans une forme d’excès et de sophistication, mais de façon très différente : le son, pourtant toujours estampillé FM, n’est plus le même… Une autre profondeur, un autre éclat, une autre ambiance, et fatalement une nouvelle identité. Dense, brillante et lustrée, la production donne un éclairage particulier à des titres auxquels sied tout particulièrement cette pochette rouge vif. Comme pour le disque précédent, le style des compositions pourra rebuter, mais d’un autre côté, on ne peut légitimement occulter le réel travail effectué derrière celles-ci, et ce à tous les niveaux et instruments. En tout cas, de cette collection homogène de chansons clinquantes émerge un titre qui me plaît tout particulièrement : ‘Prime Mover’, un de mes morceaux favoris de Rush. Tout y est parfait, bien amené, avec un sens prononcé de la mélodie, de la structure, de l’arrangement, de l’atmosphère et de l’efficacité. Diversifiée, cohérente, cette composition se revêt d’une certaine classe. À faire de l’ombre aux deux classiques ‘Force Ten’ (un peu surcoté) & ‘Time Stand Still’, tout comme aux qualités d’‘Open Secrets’, ‘Second Nature’, ‘Lock and Key’, et de ‘High Water’, morceau dans lequel les boucles rythmiques de Neil Peart servent à nouveau de pivot. Là encore tout un chacun sera libre d’y trouver ses préférences, car, sur la chose Rush, personne n’est jamais d’accord… que ce soit pour la voix, la légitimité du style emprunté, le meilleur album, et les titres phare illuminant chaque disque… C’est vrai, dans tous les cas, Hold Your Fire restera certainement un peu délaissé par les fans, mais il me semble un peu dommage de négliger ce disque flambant et assez approfondi. Pour une simple affaire de style…

Note : 4/6

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