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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

vendredi, août 15, 2008

PORCUPINE TREE Lightbulb Sun (2000)


Progressif, Pop/Rock, Renouveau (Angleterre)


Dans Lightbulb Sun, l'un des disques les plus aboutis du groupe, tout sonne juste. Que ce soit au niveau du travail minutieux de l’instrumentation, de l’interprétation particulièrement authentique des musiciens, ou bien de la production lumineuse apportée à l’œuvre.

Dès la dynamique offerte par les guitares du premier morceau, nous sommes immédiatement transporté dans le monde de Lightbulb Sun. Ce titre d’ouverture donne son nom à l’album et le conditionne d’une certaine manière. Il nous conte l’univers nostalgique de l’enfance et de l’adolescence, du passé révolu pourtant toujours capable de nous hanter ou de nous émerveiller. Plus précisément la chanson évoque la maladie de l’écolier ou du lycéen, progressivement capable d’être remis sur pied, les soins que lui apporte sa mère, et l’environnement intimiste dans lequel il se rétablit. Ce morceau donne finalement à l’album un peu l’esprit de Misplaced Childhood de Marillion, auquel Porcupine Tree commence à faire concurrence.

Lightbulb Sun demeure une œuvre vraie et véritable… Des doutes intérieurs de ‘How is your life today?’, à l’émotion transie de ‘Shesmovedon’, en passant par l’atmosphère claustrophobique et désemparée d’un ‘Russia On Ice’, hypnotique et parfaitement réussi. Autant de moments sincères et musicalement évocateurs. De quoi nous transporter, ailleurs, dans l'espace et dans le temps.

Et puis il y a ces trois ballades, somme toute assez austères aux premières écoutes, mais révélant de fil en aiguille tout leur arôme : la subtilité de ‘Last Chance to Evacuate Planet Earth Before it Is Recycled’, le dépaysement mélancolique et prophétique de ‘The Rest Will Flow’, et l’étrange sérénité nostalgique et onirique de ‘Where We Would Be’…

Mais c’est ‘Feel so Low’ qui me bouleverse le plus, de par sa simplicité. Touchante et allant clairement à l’essentiel, à l’image du disque… Une ode intime mais gardant toute sa pudeur, un morceau magique évoquant le temps qui s’égrène et l’impossible éternel retour d’une relation, qui n’existe plus que dans la noirceur et l’opacité des souvenirs. Sincère et attendrissante, vibrante et désarmante, cette belle chanson accompagnera sûrement les samedis de solitude et les moments d’absence de tout un chacun.

Grâce à tous ces éléments, Lightbulb Sun a ainsi réussi le pari de plus en plus difficile de mêler simplicité et efficacité avec une touche très personnelle et candide. Une fois encore, le monde du progressif a pu offrir une œuvre substantielle et élémentaire, sans impostures et sans esbroufe.

Note : 5,5/6



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dimanche, août 10, 2008

KING CRIMSON Three Of A Perfect Pair (1984)

King Crimson - Three of a Perfect Pair
Progressif, New Wave, Expérimental (Angleterre)


Three Of A Perfect Pair clôt la trilogie amorcée par Discipline. Tout en poursuivant la pop des précédents opus, le groupe développe les quelques expérimentations claustrophobiques de Beat. Si la première face reste composée de solides morceaux axés new wave, la seconde présente des titres plus portés sur l’avant-gardisme et les atmosphères industrielles, les deux parties demeurant séparées par un instrumental de très bonne facture : ‘Nuages’. Un disque bicéphale en somme, montrant les deux visages du Roi Pourpre durant les années 80.

Les morceaux seront peut-être moins réussis en termes d’efficacité, même s’ils restent impressionnants au niveau de la technicité. Sur la première face, c’est ‘Sleepless’ qui mérite principalement le détour. Et sur la seconde, c’est ‘Industry’ qui tire indéniablement son épingle du jeu. Après plusieurs morceaux divertissants, King Crimson arrive ainsi à confectionner une musique froide et cruelle, industrielle. Le groupe vit en effet avec son temps, le suit, le prédit, le réinvente. Avec cette patte technoïde et intellectuelle, mais sans délaisser cette fraîcheur et cette forme d’urgence qui, si elle calcule, dévalise avec panache.

Certes, ce troisième épisode de la lutte crimsonienne face à la Modernité reste peut-être le moins bon. Mais, conceptuellement, artistiquement, esthétiquement, tout semble se recouper, tout semble s’emboîter parfaitement dans une même logique. Dans un même esprit combinant plusieurs vérités. Celle des sens, celle de l’esprit, celle de la technique, celle des sentiments. Et c’est à travers la lumière inquiétante issues de ces carrefours des possibles que surgiront les mécaniques de THRAK et de The ConstruKction of Light, les œuvres suivantes du Roi Pourpre…

Note : 4/6

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