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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

mardi, mai 23, 2006

THE VELVET UNDERGROUND "Loaded" (1970)

The Velvet Underground - Loaded
Rock (USA)


La machine chauffe et la fumée s'échappe de l'album rose, le disque le plus commercial du groupe. Evidemment, pas de fumée sans feu, et tout un tas d’événements secouent le groupe : Maureen est enceinte pendant l’enregistrement, Sesnick maîtrise les machinistes velvetiens de sa main de fer, et Reed se casse après la diffusion du disque. Loaded, c’est l'heure pour le Velvet de sortir des pseudo-tubes savonneux et rosacés, histoire de s'éloigner encore un peu plus des débuts aventureux du groupe. En effet, le rock, c'est peut-être aussi toute cette désinvolture qui pousse à abandonner le sérieux pour se réfugier ailleurs, dans une panoplie de chansons espiègles et grand public par exemple, sans tomber dans la paresse et la facilité.

Ainsi, le nouveau disque du Velvet est chargé en tubes. Mais là encore, le groupe n'utilise pas vraiment de la mauvaise munition. Les perles que l'on a envie de sortir du fourreau sont peut-être bien ‘Sweet Jane’, ‘Rock n' Roll’ ou encore ‘New Wave’ et l'étrange ‘I Found a Reason’. Les autres chansons sont plus faibles, trop dans la veine classique, là où le sang est peut-être trop propre. On notera tout de même la rythmique de chemin de fer de ‘Train Round the Bend’ et le long (parce qu'il en faut bien un) ‘Oh! Sweet Nuthin'’. Tous ces titres, parfois de classe zénithale, revendiquent à la fois l'impossibilité de satisfaire systématiquement les die-hard fans du Velvet Underground et le pouvoir créatif toujours présent d'un groupe que certains sabreront en le qualifiant certainement injustement d’essoufflé ou d'arriviste.

Ironie du sort : le Velvet n’arrivera pas à s’imposer sur les ondes avec ces chansons plus accessibles. Mais face à un groupe qui a une fois encore la classe quand il met un genou à terre, face à son arsenal de compositions de qualité, on s'avoue une nouvelle fois vaincu et on ne peut que rendre les armes. On n'a de toute façon pas vraiment envie de se battre : Loaded est à écouter un verre de limonade à la main, le corps plongé dans un bain chaud parfumé à la framboise.

Note: 4/6


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lundi, mai 22, 2006

THE VELVET UNDERGROUND "" (1969)

The Velvet Underground - The Velvet Underground
Rock (USA)


Le troisième Velvet, l'album gris sobrement intitulé The Velvet Underground, pourrait explorer les recoins de la Factory après les ravages noctures d'un jam dévastateur, ‘Sister Ray’. Dans l'intimité d'un songwriting souvent retenu et clos sur lui-même défilent onze mélodies sur un fond de velours, tout juste éclairées par la pénombre des soirées intimistes. Tout comme la présence de Cale, l'avant-gardisme ne semble n'être qu'un lointain souvenir. Pourtant, ces compositions ne sont pas de naïves chansonnettes sans intérêt, d'autant plus que ce recueil renferme 'The Murder Mystery' à la rythmique fugace et frénétique, sorte d'exception au disque. Ici, on s'assoit, on s'arrête de parler et on écoute. Sur le canapé de la Factory plus précisément.

On ne subit plus tellement les attaques meurtrières de la musique déchirante du Velvet, même si l'on craint une fois encore le songwriting impossible, décadent et dangereux de Lou Reed. Les titres offerts par le groupe ne sont plus que séquelles vicieuses et peurs omniprésentes, soulagements éphémères et désirs embrumés. La musique du Velvet a des cernes et la gueule de bois, mais tétanise encore, décrit encore une fois le visage de la mort et de la destruction. La voix schyzophrène de l'album, tantôt possédée par Reed tantôt empruntée par son alter ego (coéquipier ? adversaire ? rival ?) Doug Yule, se faufile, serpente dans les visions torturées du récital velvetien. Dans une lumière tamisée et à travers une fumée discrète émerge ‘Candy Says’... À ce sujet, les collants d'un(e) jeune travesti(e), Candy Darling, sont peut-être le linceul du Velvet des deux premiers albums, décédé de mort violente.

Le ventre a terre, le groupe soupire encore quelques chansons tout juste effleurées par des voix fluettes et parfois même trop fatiguées. ‘What Goes On’ tout d'abord, rock intransigeant, entêtant, relevé et monstrueux. Et puis ‘Pale Blue Eyes’ et ‘Jesus’, et leurs mélodies froides et mélancoliques. Le lascif ‘Some Kinda Love’ surtout, avec son beat autoritaire, classique parmi les classiques. Enfin, ‘Setting Free’, cantique des cantiques, une des plus belles compositions de Reed première époque. La sister Ray est loin, mais derrière ce songwriting de junkies désintoxiqué se cachent encore efficacité et émotions, lyrisme et souffrance marquée. L'esprit du Velvet marque encore une de ses œuvres, par sa présence presque impalpable, morbide et spectrale.

Note: 4/6





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samedi, mai 20, 2006

THE VELVET UNDERGROUND White Light / White Heat (1968)

The Velvet Underground - White Light / White Heat
Rock / Psychédélisme (USA)


Le deuxième album du Velvet est un des disques les plus agréables à chroniquer, même si, paradoxalement, exprimer la valeur de cet opus et les sentiments qu'on éprouve lors de son écoute n'est pas chose aisée. La rencontre de White Light/White Heat se veut une illumination analogue aux sensations abyssales que l'on pourrait éventuellement rencontrer... au pays des drogues. Traverser la musique brumeuse et nébuleuse de White Light/White Heat est une expérience très personnelle.

Ce disque à la mélancolie noire d'encre représente la nature sombre et expérimentale du groupe de Lou Reed : loin des projecteurs Warholiens et de la lumière blanche de Nico, le disque révèle secrètement la pulpe noire et la chaire terne et visqueuse du fruit que le premier album montrait a priori sous des allures jaune-provoc et faussement rose-bonbon. Un disque « essentiel », au vrai sens du terme. Et donc un disque autonome aussi, où la musique, écorchée et distordue à point nommé, est livrée aux caprices fugaces et insolents des vents et marées velvetiens. White Light/White Heat : un paysage lunaire, surréaliste et aphrodisiaque, pays perdu des petits champignons noirs hallucinogènes, vénéneux et gélatineux.

Les influences musicales érudites des musiciens (Copland, Taylor, Cage, Bo Diddley et Chuck Berry) fusionnent avec l'extase juvénile et espiègle de leurs esprits en ébullition pour laisser place à une imagination créatrice et libérée qui repoussera à nouveau les barrières de la musique rock. Le Velvet enfonce le clou, mais avec un disque complètement différent du précédent. En tête de cortège, la chanson-titre, hymne euphorisant, caustique et antalgique, la boogie-dance des cadavres sous amphétamines ; "White Light" correspond aux flashs et "White Heat" à la chaleur intense que provoque la drogue. Puis se distinguent dans la procession trois comptines morbides et funéraires : ‘The Gift’, ‘Lady Godiva's Operation’ et ‘Here She Comes Now’. Feedbacks cafardeux, larsens gris-perçants, dissonances perverses, amplifications hasardeuses, percussions hypnotiques ; les compositions stratifiées fourmillent de détails sonores.

Si ‘Here She Comes Now’ annonce le troisième album du groupe, ‘I Heard Her Call My Name’ annonce l'avant-gardisme du morceau final du disque, l'apothéose : ‘Sister Ray’, un chaos orgiaque, un morceau fondamental dans l'histoire de la musique, dans la destinée du rock (et le mot en devient presque inapproprié). ‘Sister Ray’ est un peu cette terre fertile où se chevauchent avant-gardisme minimaliste (La Monte Young) et jazz volcanique en éruption (Ornette Coleman, John Coltrane, Albert Ayler)... Il s'agit d'un jam studio apocalyptique, vertigineux et claustrophobe, où s'affrontent pendant plus de 17 minutes orgue barbare et guitare-seringue. Ce morceau correspond au système nerveux central, et accessoirement dégénéré, de la carrière du Velvet Underground. Une musique venimeuse et pachydermique, dont le texte joue sur les ambiguïtés lexicales... une rythmique de machine à vapeur, une mélodie titubante, des harmonies délabrées... Les composantes de ‘Sister Ray’ font de ce « truc » le morceau le plus excitant de l'époque.

Asphyxiante et empoisonnée, la musique du Velvet est l'exploration de chemins sinueux, la rencontre d'expérimentations aventureuses, une prophétie voilée et inaccessible. À travers ces six diamants noirs, le deuxième album du groupe nous montre de façon très certaine ce qui pouvait se passer dans la tête des aficionados du milieu underground. Ainsi, White Light/White Heat, subconscient du précédent opus, symbolise une véritable quintessence. Et la conscience obscure de toute une génération.

Note: 6/6





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THE VELVET UNDERGROUND & NICO "" (1967)

The Velvet Underground & Nico
Rock / Psychédélisme (USA)


New York. 1967. C’est dans la plus européenne des villes américaines que notre voyage psychédélique nous emmène. Beaucoup de choses ont commencé avec ce disque diabolique au rock balafré et bariolé en jaune et noir, avec cet album mort-né commercialement lors de sa sortie, mais éternel au vu de l’influence de sa musique. Ce disque antagonique, clair-obscur, montre à quel point le Velvet Underground a réussi à s'approprier les contrastes : des compositions oscillant entre simplicité momentanée de structure et délires aphrodisiaques et avant-gardistes ; des musiciens différents et pourtant complémentaires ; des textes crus jurant avec le fond culturel de l'Amérique d'époque.

De nos jours, personne n’oserait voir dans ces onze joyaux noirs une musique simpliste et sans danger. Les membres du Velvet Underground font bien partie de l'intelligentsia rock, la confrérie de l'inédit, de l'inouï, de l'incompris, celle qui ouvre des portes et propose d'autres univers. Ce premier album est en effet un de ces disques qui modifient les repères que l'on se fait de la musique, mais se présente aussi comme un instrument de torture pour les oreilles trop mainstream-isées. Le groupe opère à coeur ouvert sur le rock du moment, parfois même contaminé par un conformisme arriviste jugulant la créativité psyché qui embaumait l'air du temps. Le Velvet est un groupe folk rock étonnant mais peut-être aussi le premier groupe de musique industrielle : sa musique exprime par des sons stridents des formes d’oppressions urbaines et sociales.

Ce disque est sorti en 1967, rappelons-le. A regarder de près ce qui se fait au même moment on se rend compte que peu de disques rock arrivent à la cheville du Velvet Underground, que ce soit au niveau des innovations ou de la qualité des compositions, et pourtant Dieu sait que cette année est fondamentalement riche pour l'histoire de la musique. Dans un contexte de guerre des Buttons entre psychédélisme et pop-rock sournois mais toujours trop gentillet, le Velvet sort, sous la houlette de Warhol, un disque bricolo et intello, presque inclassable. Les règles du jeu changent et le Velvet Underground fait échec et mat à une bonne partie de ses contemporains.

Fertile, féconde, ardente et vagabonde, telle est la musique du premier album du Velvet Underground, album phantasmagorique de griserie et de débauche artistique. Le son primaire, sauvage et tribal, lié à la rogne de Reed et aux illuminations de Tucker (musicienne notamment influencée par Bo Diddley et peut-être le membre le plus velvetien du groupe) se marient avec les arrangements avant-gardistes de John Cale et la production parfois étrangement extra-terrestre (l'hybride vocal sur ‘Sunday Morning’ enfanté par Tom Wilson). De nombreux morceaux sont cependant composés à partir d'accords simples ; ‘Sunday’, ‘Heroin’, ‘Waiting for my man’ sont joués sur la quarte. Mais ne vous y fiez pas : une complexité presque perverse a fait le siège de ce disque.

Des contrastes... notamment entre les caractères des chansons. ‘Sunday Morning’, et ses gouttes cristallines de célesta est une chanson onirique, souple et retenue, nous faisant découvrir sous le charme de l'aube maléfique ce qu'est la tendresse à piquant. ‘Waiting for my Man’, et ‘Run Run Run’, aux rythmiques haletantes de machines à vapeur, sont des chansons nerveuses et tendues, ballottées par la rage insolente et le phrasé rugueux de Lou Reed. Evidemment rien ne saurait a priori associer les mélodies poudreuses de ‘I'll Be Your Mirror’ et le coma idyllique de ‘Femme Fatale’ avec tous ces instruments de tortures : guitares-seringues, violon sanglant, percussions-assommoirs que l'on rencontre sur ‘The Black Angel's Death’ ou sur cette machine déréglée qu'est ‘European Son’. Et pourtant...

Des contrastes. De la complémentarité ? A vrai dire tout s'explique par les distances entretenues entre les musiciens, à la fois différents et complémentaires. Il y a une réelle unité et complicité dans ce disque. Nico, nymphe féerique à la voix gantée de blanc, vierge aphrodisiaque immaculée comme la neige de l'héroïne, apporte sa froideur violente, et pose sa voix sur des titres à textes (‘Femme Fatale’, ‘I’ll Be your Mirror’, et ‘All Tommorow's Parties’ la favorite de Warhol). Bien qu'imposée par Warhol, elle charme Cale... elle nargue la rogne reedienne, elle suscite l'admiration de Maureen Tucker. Cale et Reed se complètent, Tucker apporte ses sonorités sèches et primitives, voire primaires, au folk de Lou, et Sterling fait son travail de fond, certes chahuté par ses confrères. Il symbolise, avec Moe Tucker, le côté anti-commercial et désintéressé de la musique velvetienne.

Mais ce premier album, Graal et classique des classiques, expose des paroles dérangées et dérangeantes liées aux problèmes les plus intimes de l'homme de la fin des 60's (bénédiction de l'héro à cette époque). Sexualité détournée (‘Venus in Fur’), drogue pure (le chef d'oeuvre de créativité ‘Heroin’ avec ses montées et descentes d'adrénaline, et ‘Waiting for my Man’), violence physique (‘There She Goes’)... Les sujets sont nombreux pour pouvoir déstabiliser l'auditeur, à moins qu’il ne s’y retrouve, finalement.

Le premier Velvet est étourdissant, frontal, hostile mais envoûtant. Oeuvre de contrastes, des jeux d'oppositions et de ressemblances, cet album terriblement moderne apporte une lumière crue et féconde dans le monde de la musique rock. Il reste pour beaucoup le disque le plus indispensable, au moins le plus impensable, que le rock n'ait jamais produit.

Note: 6/6





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PEARLS BEFORE SWINE Balaklava (1968)

Pearls Before Swine - Balaklava
Psychédélisme / Folk (USA)


Tom Rapp ne peut pas faire deux fois la même chose, deux fois le même album. Certes, Balaklava explore encore une fois un monde obscur et surréaliste en sollicitant une petite formation musicale de chambre, mais ce deuxième album est définitivement plus expérimental que son prédécesseur et laisse encore plus de place aux atmosphères, mettant de côté l'aspect mélodique pur. Tom Rapp et son groupe ont su élargir un univers sonore en y faisant résonner l'écho et la magie de compositions lucides et fertiles. La voix se fait plus légère, les cordes voguent en apesanteur, les cuivres s'évaporent... Violon ensorceleur, cloches scintillantes, bois et vents magiques, illuminations psychiques, visions expérimentales : chez Pearls Before Swine la musique de chambre a su rencontrer le folk psyché et acide des années soixante. Les arrangements sont particulièrement soignés et les musiciens font résonner le murmure de la nature... Le songwriting clairvoyant et translucide du ménestrel Tom Rapp engendre huit compositions de haut niveau, mais donne surtout un aspect métaphysique et surnaturel au disque. Si certains albums d'époque semblaient très terre-à-terre, ceux de Pearls Before Swine s'élèvent vers les cimes de la créativité et de l'imagination. Le groupe cultive une esthétique de chaos minimaliste et de démesure féerique, derrière des chansons retenues, voire timides aux premiers abords. Par ailleurs, si le titre de l'opus évoque la bataille de Balaklava, Rapp en profite curieusement pour condamner une nouvelle fois la guerre du Vietnam : sa fascination pour l’histoire l’inspire réellement dans la composition. Le songwriter voit aussi sa musique comme une « mélancolie constructive », un mélange de réel (guerres de Crimée et du Vietnam, utilisation de bruits courants et réels) et d'irréel (poésie, univers de Tolkien par ex). Avec ‘Trumpet of Landfrey’ la charge est sonnée et de nombreux morceaux apparaissent progressivement pour planter le décor et tracer les contours du monde que Pearls Before Swine veut nous faire explorer (‘Translucent Carriages’, ‘I Saw the World’, ‘Images of April’ et ‘Lepres and Roses’). Quant à ‘There Was a Man’, morceau folk, simple et dépouillé, il s'agit d'un petit chef d'oeuvre miniature qui pourrait rendre Dylan envieux. Et n'oublions pas cette reprise de ‘Suzanne’ de Leonard Cohen, issue de son très bon premier album. Surgissant de la terre féconde ou de la mer brillante, s'évaporant jusqu’au firmament, toutes ces chansons si délicates et célestes font déjà partie des grandes compositions de la décennie. Le disque semble avoir répondu au pari d'allier un folk riche et érudit à des chansons plus accessibles que celles du premier album. L’histoire devra se souvenir de Balaklava, album incontournable, mystique et atemporel.

Note: 5,5/6

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jeudi, mai 18, 2006

PEARLS BEFORE SWINE One Nation Underground (1967)

Pearls Before Swine
Psychédélisme / Folk (USA)


Pearls Before Swine est facilement un des groupes les plus créatifs et importants des années 60. Sa principale force est de faire appel à une petite orchestration de chambre pour décrire un monde musical obscur et surnaturel défiant les limites de l'imagination. Proches du sublime kantien, les albums de Pearls Before Swine développent une métaphysique sonore du temps et de l'espace, une esthétique oscillant entre minimalisme surréaliste et psychédélisme contenu. Les deux premiers albums sont fondamentaux, ils constituent l'essentiel de la carrière du groupe. L'univers sombre et onirique de Pearls Before Swine s'ouvre ainsi avec One Nation Underground, un opus crépusculaire et souterrain, écrit dans l'ombre. La voix si dérangeante et si personnelle de Tom Rapp vient se faufiler entre les cordes nocturnes et cristallines des guitare, banjo et autre mandoline. Ici le temps est suspendu. La musique fraîche et satinée du disque démarre sur un air dont on ne reviendra pas : ‘Another Time’. L'album, léger, sombre et énigmatique, distribue ensuite généreusement chansons du matin (‘Morning Song’, ‘Regions of May’, ‘Drop out’), ballades mystiques (‘Ballad to an Amber Lady’), protest-song historique (‘Uncle John’), en adoptant souvent des tournures psychédéliques et médiévales pour finalement finir sur une valse inimaginable, une danse ténébreuse à la mélodie prophétique et impalpable : ‘The Surrealist Waltz’. Certains pourront rester dubitatifs devant un éventuel manque de cohésion du disque, d’autres seront peut-être gênés par la voix de Rapp ou par certains titres. Cependant, compte tenu de l’époque, de la sincérité de la musique, on peut difficilement passer à côté de cet album. Il renferme de nombreuses perles noires offrant éveil et ensorcellement, même s’il manque encore quelque chose pour aboutir à un disque d’excellence.

Note: 4,5/6

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mardi, mai 16, 2006

ANGE Au-delà du délire (1974)

Ange - Au-delà du délire
Progressif Symphonique (France)


Au-delà du délire, qui fait figure de classique dans la discographie du groupe, est un peu la confirmation de ce que l’on a pu entendre sur le précédent disque Le cimetière des arlequins. Ici encore, nous sommes en présence de nouveaux personnages (‘Godevin le Vilain’ par exemple) et la musique nous emmène dans un Moyen-Âge fictif et onirique (jusque dans les bois autour du château, où l’on entend le murmure perpétuel de la nature et de ses habitants). Quant aux textes, ils évoquent à la fois les hallucinations psychotiques et les visions bibliques qui ont déjà frappé l’esprit dérangé de Décamps sur les précédents albums. ‘Si j’étais le Messie’ en effet, est une déclamation déroutante, un morceau qui montre qu'Ange ne joue pas que de la musique mais sait aussi raconter des histoires troublantes (comme c’est aussi le cas sur ‘La bataille du sucre’, même si je suis bien plus réservé sur ce titre). Après cette vision messianique et une transition brutale, le disque se poursuit avec une autre réussite : ‘Ballade pour une orgie’, petite comptine de ménestrel en or fin. L’album regorge aussi d’un titre plus rock ‘Fils de Lumière’ et une fois encore d’un long morceau éponyme s’achevant sur un solo de feu. Ainsi, c’est sur cette dernière vignette que le livre d’images du petit page, le recueil de contes magiques, se ferme devant nos yeux.

Note : 5/6

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lundi, mai 15, 2006

ANGE Le cimetière des arlequins (1973)

Ange - Le cimetière des arlequins
Progressif Symphonique (France)


Le soir, dans la brume bleutée, j’aperçois la procession des arlequins… ils grimpent une montagne verdoyante et transportent des présents, de l’or, de l’encens… C’est avec Le cimetière des arlequins que j’ai découvert le monde musical si particulier d'Ange… Ce deuxième album du groupe demeure plus cohérent et plus homogène que le précédent, et le style y est plus affiné. Il nous emmène dans un univers onirique, magique et humoristique (‘L’espionne lesbienne’), parfois plus intimiste et coquet (‘La route aux cyprès’) mais toujours aussi sombre… et parfois même macabre, si ce n’est angoissant (les ambiances de ‘Bivouac final’ et surtout le terrible morceau éponyme). Dans l’ensemble, la musique reste toujours très exubérante et typée. D’ailleurs quoi de plus naturel pour Ange d’ouvrir l’album avec une reprise du très théâtral Jacques Brel (‘Ces gens-là’) ? Il y a en outre un morceau dont je ne me lasse pas : ‘Aujourd’hui c’est la fête de l’apprenti sorcier’, petite perle de progressif enveloppée dans des nappes de claviers célestes (notons que le mellotron n'est pas utilisé avant 1978 et l'album Guet-apens). De plus, les textes sont également réussis, demeurant bien sûr un élément particulièrement important. Bref, toujours très atmosphérique, et souvent dérangeant, ce deuxième album est un passage obligé dans le monde du progressif français.

Note : 5/6

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dimanche, mai 14, 2006

ANGE Caricatures (1972)

Ange - Caricatures
Progressif Symphonique (France)


« Ecoutez-moi… Caricatures… »… C’est ici que commence la très longue aventure d'Ange, l’Analyse Naturelle des Grands Esprits, le Genesis français… Avec ce premier opus, la petite troupe emmenée par Christian Décamps nous propose une musique personnelle, hallucinée et terriblement sombre, habillant des textes surréalistes aux allures prophétiques, poésie noire enrobée d’un humour grinçant et d’un cynisme glacial. Des appels du pied au Roi Crimson dans ‘Dignité’ à la comptine crépusculaire et mélancolique ‘Le soir du diable’, des déséquilibres mentaux et malsains de ‘Tels quels’ aux illuminations névrotiques et métaphysiques du long morceau-titre, c’est toute une série d’atmosphères qui nous saisit, nous dérange… Personnellement, ces ambiances m’emmènent dans les vieux quartiers de Paris, dans la brume du soir, dans ces rues intimes et théâtrales où se déploie la simplicité de la vie de tous les jours, dans ces endroits magiques où respire encore l’esprit haletant du Moyen-Âge. Le délire ronge l’intellect de Christian Décamps et celui-ci décrit ses visions, ses rêves, ses cauchemars pour les entremêler dans une folie musicale à mi-chemin entre rêve et réalité. Caricatures est ainsi un album brut et authentique, le début d’un parcours atypique d’un des grands groupes français des seventies.

Note : 4,5/6

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mercredi, mai 10, 2006

CAMEL Moonmadness (1976)

Camel - Moonmadness
Progressif (Angleterre)


Un voyage vers la lune… Du nostalgique ‘Song Within a Song’ aux brumes atmosphériques et humides de ‘Lunar Sea’, Moonmadness n’est rien d’autre que cela. Le progressif de Camel se tourne ici vers des ambiances nappées et mystérieuses qui nous transportent loin dans le temps et dans l’espace. À mi-chemin entre space rock et prog technique, les chansons de Moonmadness respirent la délicatesse et la minutie. Certes, nous sommes loin des défis que lancent tant de musiciens au monde de la musique : les longues suites bucoliques de Genesis et de Yes, les ornementations riches et précises de Gentle Giant, la fusion musicale schizoïde opérée chez King Crimson… Mais le groupe offre ici une musique travaillée et attachante. Si certains pourront lui reprocher son côté parfois nonchalant, je vois plutôt dans cet album l'expression toute humble de sentiments rentrés et contenus, comme sur les très beaux ‘Air Born’ et ‘Spirit of the Water’. Camel reste un groupe qui sait se créer son univers, nous révélant ici une musique tendre et magique.

Note : 5/6

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EMERSON, LAKE & PALMER Tarkus (1971)

Emerson, Lake & Palmer - Tarkus
Progressif Symphonique (Angleterre)


Emerson, Lake et Palmer forment ce qu’on nomme communément un « super groupe », et veulent visiblement le montrer sur ce classique de leur discographie. Et même un peu trop, pour ceux qui n’aiment pas vraiment le progressif « symphonique » trop flamboyant. Mais qu’importe… Demandons-nous plutôt si ELP fait du coup de la « super musique »... Au premier regard, Tarkus est un disque bicéphale, composé de deux faces bien distinctes, la première présentant un long morceau éponyme d’une vingtaine de minutes qui ravira tous les amateurs de musique progressive, et la seconde mettant en scène une succession de morceaux parfois sujets à d’acerbes critiques chez les fans de prog.

‘Tarkus Medley’, qui ouvre le disque, est une suite écrasante et pachydermique, composée de sept petits morceaux (4 instrumentaux séparés par 3 chansons aux mélodies plutôt réussies). Ici les musiciens sont en osmose, infatigables et inébranlables. Ils génèrent des mélodies tourbillonnaires et torrentueuses qui s’enroulent les unes dans les autres, quand ils ne façonnent pas des rythmiques solides et coriaces, en acier inattaquable. ‘Tarkus Medley’ est une machine musicale qui traîne sa masse torpide, écrase tout sur son passage. Un morceau imposant et démesuré, joué avec une précision chirurgicale et étourdissante. Quelques passages plus calmes surviennent à point nommé pour ensuite laisser repartir la musique, encore plus remuante, impétueuse et virevoltante.

La seconde partie du disque, moins mouvementée, se compose de morceaux bien plus courts et sujets à controverse. Le titre ‘Jeremy Bender’ tranche violemment et de façon un peu étrange avec la longue suite que nous venons tout juste de quitter. Personnellement je n’ai pas de mal avec ce morceau, les parties de clavier de Keith Emerson étant assez soignées, même s’il s’exprime plus, et mieux, à d’autres moments dans le disque. Beaucoup n’aimeront ni le contraste qui s’opère entre ‘Tarkus Medley’ et ‘Jeremy Bender’, ni le côté honky-tonk un peu caricatural de ce dernier. En fait, c’est surtout ‘Bitches Crystal’ qui retiendra l’attention dans la deuxième partie du disque : le morceau se rapprochant le plus du premier, mais en cinq fois plus court... Finalement, le disque se termine sur un clin d’œil à leur producteur avec le morceau ‘Are You Ready Eddy ?’, un rock and roll dispensable et un peu à côté du sujet.

Malgré ses qualités, sa personnalité affirmée et sa pochette sympa, Tarkus d'Emerson, Lake & Palmer donne du grain à moudre aux contempteurs du groupe, avec des compositions irrégulières qui vieilliront mal. Mais n'oublions pas pour autant l'essentiel : Tarkus vaut surtout le détour pour sa longue suite agitée et pyrotechnique, ‘Tarkus Medley’, morceau qui précède dans l'histoire du progressif les grands ‘Supper’s Ready’ de Genesis et ‘Close to the Edge’ de Yes.

Note : 4,5/6

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vendredi, mai 05, 2006

GENESIS And Then There Were Three (1978)

Genesis - And Then There Were Three
Pop / FM (Angleterre)


Ils ne sont plus que trois… Hackett vient de quitter l’aventure et l’on se retrouve ainsi en petit comité pour découvrir ce disque intimiste et nocturne, And Then There Were Three, album de pop légèrement atmosphérique grâce à ses claviers crépusculaires, mais encore un tantinet progressif, et véritablement radio friendly à de nombreux endroits. En tout cas, le Rubicon est sans doute franchi. Pour un bout de temps, ou devrais-je dire pour toujours… Ceci dit, pour bien préparer sa chute, autant partir de haut, et cet album n’est vraiment pas dépourvu de qualités, loin s’en faut. Ici encore Banks fait des étincelles, avec notamment les très mélodiques ‘Many too Many’ et ‘Undertow’, pleins d’émotion, et le sublime ‘The Lady Lies’, meilleur titre du disque grâce à son refrain absolument envoûtant et magnétique. Le disque affiche une réelle cohérence, et garde encore quelques réflexes légèrement progressifs, comme sur ‘Burning Rope’, le morceau le plus long du disque, encore écrit par Banks. Beaucoup de titres contribuent à l’ambiance du disque sans pour autant tirer véritablement leur épingle du jeu (l'ouverture du disque ‘Down and Out’ et ‘Deep in the Motherlode’ restent quand même franchement pas mal). Evidemment, il y a le pseudo-tube ‘Follow You, Follow Me’, qui à mon sens n’est pas très réussi : une sorte de chanson FM au refrain dégoulinant, donnant un aperçu peu enviable de la suite de la carrière du groupe, malgré une intro intéressante et un couplet correct. Mais là n'est point l'essentiel... Dans l’ensemble, And Then There Were Three est un disque atypique dans la trajectoire discographique de Genesis, un album qu’on aurait sans doute tort de négliger, pour son ambiance et ses highlights...

Note : 4,5/6

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jeudi, mai 04, 2006

GENESIS Seconds Out (1977)

Genesis - Seconds Out
Progressif / Live (Angleterre)


Ce double live est proprement monstrueux… Sérieusement, à l’issue de l'écoute de Seconds Out, on se rend compte une fois encore de la qualité du répertoire de Genesis… et à quel point le groupe le maîtrise en concert. Si les fans se retrouvent tout à fait dans ce live où le public semble conquis, le néophyte pourra également découvrir le groupe avec ces fabuleux morceaux. Il faudra néanmoins s’habituer à ces versions chantées par Collins qui fait plutôt bien son travail (en revanche, au niveau du visuel, Gabriel laisse un certain vide mais ça, on s’en doute, le disque ne peut le laisser voir…). Le premier disque présente de bons moments, comme notamment le très bel ‘Afterglow’, une version à rallonge de ‘I Know what I Like’ assez réussie, et un ‘Firth of Fifth’ magistral bien que surprenant (l’intro traditionnelle est suprimée…) Pour ce qui est de The Lamb…, Genesis a mis au menu ‘Carpet Crawlers’ et le morceau éponyme agréablement enchaîné avec une section de ‘The Magical Box’. Puis place au second disque : et là survient ‘Supper’s Ready’… alors on s’accroche : un moment d’excellence pour une interprétation relativement fidèle d’un titre époustouflant. Un vrai régal. Ceci dit, le final aurait pu être encore plus ravageur… tout comme celui de ‘Cinema Show’, même si la deuxième partie du morceau reste absolument remarquable et haletante comme on pouvait s’y attendre. Le concert s’achève sur ‘Dance on a Volcano’ suivit de ‘Los Endos’, son petit frère. Et une fois encore, le livre se referme... tel le dernier testament d’une époque révolue… Après ce n’est le début d’une longue et lente chute, certes à relativiser. Le groupe a montré toute l’étendue de son talent à travers ces interprétations de morceaux de haut niveau, et autant dire que de mon côté le message a été reçu 5 sur 5.

Note : 5/5

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GENESIS Wind & Wuthering (1976)

Genesis - Wind & Wuthering
Progressif (Angleterre)


Sur A Trick of the Tail soufflait le chaud, et sur Wind & Wuthering… le froid. Je me rappelle avoir fait connaissance de ce disque et de sa belle pochette quand je découvrais la partie immergée (et donc la plus importante) de l’iceberg discographique de Genesis. En fait, musicalement, la production est ici toujours aussi singulière et magique. Elle donne une petite teinte gelée et givrée aux différentes chansons. Au niveau des morceaux eux-mêmes, Banks fait preuve d’une verve étincelante avec ‘One for the Vine’ et ‘All in a Mouse’s Night’, mais surtout grâce à l’excellent ‘Afterglow’ qui clôt le disque de la plus belle des manières en laissant rêveur. Quant au titre qui ouvre le disque, ‘Eleventh Earl of Mar’, il reste plutôt pas mal, surtout pour sa section middle. Il y a également cette belle ballade tout à fait sympathique écrite par Hackett et Collins : le mélodique ‘Blood on the Rooftops’... On notera aussi le très bon instrumental ‘Unquiet Slumbers for the Sleepers...’ et sa suite, ‘... in that quiet Earth’, qui reprend des thèmes du disque. Néanmoins on peut tout de même rester légèrement sur sa faim : avec un tel enrobage on aurait pu s’attendre à des ambiances à la ‘Cinema Show’ ou ‘Supper’s Ready’ version hivernale… mais malheureusement ce disque tourne parfois un peu à vide (le refrain assez lamentable de ‘Your own Special Way’…). Il nous fait part d’une richesse sur la production, les sons, la forme tout en nous déroutant sur certains passages plutôt faiblards et engourdis au niveau de l’inspiration, bien que les musiciens demeurent au point dans l’exécution. Devant cette oeuvre de qualité, on peut donc penser qu'il y avait de la place pour encore mieux... Ceci dit, grâce à certains titres le disque s’en sort globalement très bien, et l’on parvient à se glisser dans ce nouveau monde de lacs gelés et de terres enneigées, où le froid hivernal vient chatouiller notre sensibilité.

Note : 5/6

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GENESIS A Trick of the Tail (1976)

Genesis - A Trick of the Tail
Progressif (Angleterre)


Y-a-t-il une vie après Peter Gabriel ? Telle est la question qui brûle toutes les lèvres après son départ. Ce nouveau disque, A Trick of the Tail, nous apporte une première réponse : il semblerait que oui. Il s’agit d’un disque raffiné, clair-obscur, qui lève le voile sur une musique sombre et envoûtante. Le théâtre qui s’ouvre à nous est proprement magnifique, même s'il était difficile de composer une œuvre capable de s’extirper de l’ombre du précédent disque, The Lamb Lies Down on Broadway. Les chansons embrasées et flambant neuves nous transportent sur les terres noires et brûlantes d’un monde englouti sentant le soufre. Dans ce nouvel album incandescent et féerique, Banks et Collins jouissent de nouveaux espaces. Rythmiques bouillantes, lignes mélodiques enchevêtrées, rythmes enflammés, tout est au service d’une beauté lugubre et saillante au sein d’un disque fiévreux et allumé en diable, où l’art de l’ornementation délicate reste pratiqué avec une maturité sans faille. Dès l’incendiaire ‘Dance on a Volcano’, le bal s'ouvre dans un climat caniculaire. ‘Entangled’, comptine acoustique, est un vrai bijou, comme en témoigne sa magnifique section instrumentale. Il est en effet à noter que Genesis ourdit à la perfection ces passages instrumentaux, comme sur le rutilant et enthousiaste ‘Robbery, Assault & Battery’, ou encore sur ‘Ripples’, absolument magnifique. Le disque vaut largement le détour pour ces titres, comme pour son humour léger et cuisant. Autres cols du disque : ‘Mad Man Moon’ et le morceau éponyme, où les mélodies sont ici peut-être privilégiées, sans oublier l’épineux ‘Squonk’. À la fin de disque, le quasi-instrumental ‘Los Endos’ reprend légèrement ‘Dance on a Volcano’ et ‘Squonk’, et ce conte merveilleux se referme devant nos yeux de braise. A Trick of the Tail est un très grand disque, périlleux et passionné.

Note : 5,5/6

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