Retour à l'index

Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

jeudi, décembre 29, 2011

CAMEL The Snow Goose (1975)

Camel - The Snow Goose
Progressif / Jazz / Symphonique (Angleterre)


The Snow Goose est un album conceptuel basé sur le roman à succès de Paul Gallico The Snow Goose: A Story of Dunkirk, publié en 1941. À la suite d’une poursuite en justice entamée par l’écrivain, le groupe dut « renommer » le disque Music inspired by The Snow Goose. Les différentes compositions restent purement instrumentales et sont en général très courtes (souvent entre une et deux minutes). Soyeuses, cotonneuses, limite easy listening, elles se rapprochent d’une forme de pop progressive et jazzy, légèrement symphonique. La texture des sons est soignée et l’ensemble reste véritablement accessible et mesuré, même si les moments véritablement catchy sont rares, l’homogénéité primant sur l’efficacité. On note en tout cas les très bons ‘Preparation’/‘Epitaph’ et le piano délicat de ‘Fritha Alone’. Certains morceaux servent parfois de rappels les uns aux autres pour former un tout cohérent : ‘The Great Marsh’ ouvre et termine le disque, et ‘La princesse perdue’ renvoie évidemment à ‘Flight of the Snow Goose’… Dans le même esprit, les personnages du roman obtiennent chacun un thème particulier (‘Rhayader’/‘Rhayader Alone’, ‘Fritha’/‘Fritha Alone’). Ainsi, The Snow Goose fait vraiment figure de disque conceptuel, grâce à ses divers ingrédients et à sa structure. L’album condense bien l’identité de Camel et demeure un des tous premiers classiques de la formation. Il apparaît souvent comme un disque prisé pour le mouvement progressif en général. Sympathique et attachant, The Snow Goose ouvre alors parfaitement la voie à Moonmadness, l'œuvre suivante.

Note : 4,5/6

Libellés : , , ,

mardi, juillet 24, 2007

CAMEL Mirage (1974)

Camel - Mirage
Progressif (Angleterre)


Pour certains, Mirage c’est un peu mou, mou, mou. Mou comme un caramel mou. Il s’agit pourtant du premier classique de Camel. Et derrière cette pochette mythique se cache l’univers cotonneux et douillet de cette formation, progressive dans l’âme, légèrement jazzy dans l’exécution. Tout un tas d'ingrédients font l'identité de l'album : voix nonchalante, ambiance aérienne et liquide, soli affûtés, claviers incandescents, esprit très seventies… le tout soutenu par une section rythmique plutôt alerte et dynamique. Ici, les synthés futuristes et planants de Peter Bardens enveloppent les mélodies singulières émanant de la guitare d’Andrew Latimer. On retrouve dans ce disque un peu l’onirisme de Genesis et de Jethro Tull (pour la flûte), et un peu le monde moelleux de Caravan (style canterbury). La production équilibrée met assez bien en valeur l’interprétation des morceaux, plutôt carrée, tout en laissant place à des improvisations très mesurées, et finalement assez techniques. Concernant les titres eux-mêmes, l’ambition de l’album semble symbolisée par le long ‘Lady Fantasy’, petite pièce montée de douze minutes. En outre, si les deux premiers morceaux n’apportent pas grand-chose (la rythmique et les soli de ‘Free Fall’ restent pourtant entraînants), ‘Nimrodel/The Procession/The White Rider’ et ‘Earthrise’ incarnent les autres bons moments de l’opus. Dans l’ensemble, Mirage reste un disque appliqué et cohérent, très instrumental, auquel il manque tout de même un peu plus de passion et un zeste de génie, à mon sens.

Note : 4/6

Libellés : , , ,

mercredi, mai 10, 2006

CAMEL Moonmadness (1976)

Camel - Moonmadness
Progressif (Angleterre)


Un voyage vers la lune… Du nostalgique ‘Song Within a Song’ aux brumes atmosphériques et humides de ‘Lunar Sea’, Moonmadness n’est rien d’autre que cela. Le progressif de Camel se tourne ici vers des ambiances nappées et mystérieuses qui nous transportent loin dans le temps et dans l’espace. À mi-chemin entre space rock et prog technique, les chansons de Moonmadness respirent la délicatesse et la minutie. Certes, nous sommes loin des défis que lancent tant de musiciens au monde de la musique : les longues suites bucoliques de Genesis et de Yes, les ornementations riches et précises de Gentle Giant, la fusion musicale schizoïde opérée chez King Crimson… Mais le groupe offre ici une musique travaillée et attachante. Si certains pourront lui reprocher son côté parfois nonchalant, je vois plutôt dans cet album l'expression toute humble de sentiments rentrés et contenus, comme sur les très beaux ‘Air Born’ et ‘Spirit of the Water’. Camel reste un groupe qui sait se créer son univers, nous révélant ici une musique tendre et magique.

Note : 5/6

Libellés : , , ,