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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

lundi, décembre 14, 2009

DEEP PURPLE Purpendicular (1996)

Deep Purple - Purpendicular - Heavy Prog
Hard/Heavy Prog (Angleterre)


Purpendicular représente pour moi l’une des plus grosses « claques » musicales que j’ai prises dans ma vie. C’est l’exemple type qui me vient en premier à l’esprit quand on me demande quel disque m’a le plus choqué (positivement) à la première écoute. Je me rappelle l’avoir emprunté à la discothèque du quartier et m’être précipité le lendemain à Virgin, un dimanche je crois bien, pour avoir le mien, pour posséder mon Purpendicular, afin de faire honneur à une telle musique... Certes, avec le recul, je perçois mieux ses défauts, ses maladresses, mais il garde toujours une valeur symbolique, une aura très puissante, et évidemment des qualités de composition et d’interprétation de haut niveau.

Purpendicular est avant tout un disque vivant. On passe sans problème sur ses quelques errements tant les musiciens semblent heureux de jouer ensemble. Ici, nous avons à faire à la formation Mark VII de Deep Purple : Ian Gillan (chant) – Steve Morse (guitare) – Roger Glover (basse) – Ian Paice (batterie) – Jon Lord (claviers). Dans cet album plus aventureux, Deep Purple sonne assez heavy et j’ai presque l’impression de ressentir les mêmes choses que lors des meilleurs moments de Dream Theater, notamment sous l’impulsion de Steve Morse (Dixie Dregs, Kansas). Dans Purpendicular, les parties rythmiques parfois frénétiques se mêlent parfaitement aux soli de haute volée. Le chant de Ian Gillan est toujours très puissant, et les claviers de Jon Lord permettent d’accentuer encore la présence de la « patte » pourpre. L’osmose est bien réelle…

A mon sens, trois morceaux se détachent dans ce disque :

 - Tout d’abord ‘Sometimes I Feel Like Screaming’, incarnant presque à lui seul toute l’admiration que j’ai pour cet album. Dès son introduction acoustique et subtilement atmosphérique, je suis immédiatement envoûté. Puis le morceau se construit progressivement et laisse place à son thème principal, joué par la guitare héroïque de Steve Morse. Cette composition intense et lyrique ressemble presque à un standard du genre, tellement sa mélodie reste classique et son thème de guitare, ultime.

 - Dans la même veine épique ‘Loosen My Strings’ est également très réussi, avec son solo en incandescence, magnifique et poignant. Il participe véritablement à l'identité de Purpendicular, pour son allure, ses motifs de guitare, et son sens de la mélodie.

 - Enfin, autre titre fétiche, ‘A Touch Away’, à la fois très lucide et entraînant, plein de rêves éclatants, avec une fois encore un solo perspicace et tout en finesse... De toute évidence, la magie de Purpendicular opère parfaitement.

A ce tableau enchanteur j’ajouterais aussi le dynamique ‘Vavoom: Ted the Mechanic’, l’introduction lumineuse de ‘Hey Cisco’, la section middle de ‘Someone Stole My Guitar’, et la rythmique endiablée de ‘Rosa’s Cantina’. Cependant, je suis plus réservé et circonspect sur le reste, comme pour l’emphatique ‘The Aviator’ par exemple, dont la mélodie du thème est malheureusement un peu trop forcée.

Certes, Purpendicular n’est pas le disque de Deep Purple qui a le plus marqué l’histoire, comme In Rock ou Machine Head. Pourtant c’est de loin mon favori de leur discographie, un album vraiment charismatique, quintessenciel, très riche et varié, percutant et superbement produit. Et c’est pourquoi, de façon très subjective, je ne résiste pas à lui mettre la note maximale.

Note : 6/6

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samedi, décembre 12, 2009

DEEP PURPLE Who Do We Think We Are (1973)

Deep Purple - Who Do We Think We Are
Hard Rock/Heavy Prog (Angleterre)


Who Do We Think We Are est le dernier album de la célèbre formation Mark II de Deep Purple. Les risques et l’impétuosité brute des albums précédents semblent avoir été écartés pour donner place à un rock and roll propre et un peu inoffensif, voire agaçant par moments. Certes les musiciens maîtrisent l’aspect technique et dynamique du disque, mais ils restent un peu en pilotage automatique. Quand il n’est pas apprécié et sauvé par la bonne humeur de l’auditeur, Who Do We Think We Are semble vraiment moyen. Aucun titre ne deviendra majeur, même l’enlevé ‘Woman From Tokyo’ qui sert de hit à l’album. Si ‘Mary Long’ et ‘Super Trouper’ sont un peu pénibles, ‘Smooth Dancer’ et ‘Place in Line’, assez entraînants, résistent mal à l'outrage du temps. Quant au tonique ‘Rat Bat Blue’, il reste plutôt sympathique mais apporte peu. Enfin ‘Our Lady’, légèrement pompeux, est un adieu un peu manqué pour le Mark II. Dans Who Do We Think We Are on ne retrouve que l’identité de Deep Purple délavée dans un projet à bout de souffle qui ne suscite pas beaucoup d’excitation, malgré la qualité d'exécution. La fatigue des tournées et les tensions internes auront eu donc raison de la bonne santé du groupe. Une nouvelle ère doit dès lors s’amorcer… ce qui est sur le point d’aboutir : le Mark III prend le relais, avec David Coverdale au chant et Glenn Hughes à la basse, pour Burn, l’album suivant.

Note : 3/6

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vendredi, décembre 11, 2009

DEEP PURPLE Machine Head (1972)

Deep Purple - Machine Head
Hard Rock/Heavy Prog (Angleterre)


Machine Head représente le classique de Deep Purple par excellence. Déjà, il contient des morceaux de renom : le véloce ‘Highway Star’, le furibond ‘Space Truckin'’, le mélodique ‘Pictures of Home’, ou encore le subtil et entraînant ‘Lazy’. Indiscutablement, le groupe a été particulièrement productif durant les débuts des 70's, avec trois disques assez riches et de haute tenue, construisant les fondations de sa carrière, et consolidant les bases des mondes heavy et progressif.

Alors oui c’est vrai, il y a aussi la composition la plus connue du groupe, à savoir ‘Smoke on the Water’. Mais comme pour ‘Child in Time’, je vais honnêtement faire la fine bouche, tant le riff d’intro, archi connu, a été entendu sur toutes les radios et dans tous les bars du monde, jusqu’à plus soif. On garde encore un certain plaisir à l’écouter pour la fluidité de sa structure et son petit solo sympa, mais se pencher une fois encore sur le riff d’introduction frôle parfois l’indigestion. Finalement, c’est peut-être la destinée de nombreux succès des plus grands groupes, pas forcément représentatifs de leur qualité, mais pourtant évoqués presque abusivement, plus ou moins malgré eux.

Ce qui reste particulièrement fascinant dans ce disque vient peut-être des conditions d’enregistrement, presque symboliques, et de leurs conséquences. Deep Purple a tenté de retrouver un son plus live, plus spontané et authentique. D’où le choix du casino de Montreux, à proximité du lac Léman, pour enregistrer. Malheureusement, un incendie lors d’une représentation de Zappa mit fin à cette idée. La chanson ‘Smoke on the Water’, dédiée à cet événement, garde ainsi en elle la « marque » du lieu. Mais le groupe ne s’est pas arrêté là et s’est dès lors tourné vers un premier hôtel (duquel ils furent évincés pour les nuisances que vous imaginez) puis vers un second, à l’extérieur duquel ils placèrent… le Studio mobile des Stones. Cependant, il était difficile de circuler pour sortir de l’hôtel et tester ainsi les pistes sonores. Les difficultés liées à ce dispositif contraignirent les membres à limiter les allers-retours et à se contenter des premières pistes, de facto plus originelles. Ainsi, Machine Head semble bien habité d’une forme de mystique du lieu.

De toute évidence, l’aspect direct de leur musique permet de capturer la puissance de l’instant et la symbolique de leurs lieux d’enregistrement. On a le sentiment que quelque chose se passe, quelque part dans le temps. Pour autant, le groupe n’abandonne pas toute son expertise musicale. D’ailleurs le solo de ‘Highway Star’ est inspiré de Bach… C’est ce mélange apparemment contre-nature entre une musique sauvage et primitive, une maîtrise technique, et une culture du son qui fait de Machine Head un disque abouti et classieux, donnant les lettres de noblesse à la carrière du Pourpre.

Note : 5/6

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jeudi, décembre 10, 2009

DEEP PURPLE Fireball (1971)

Deep Purple - Fireball
Hard Rock/Heavy Prog (Angleterre)


Intercalé entre In Rock et Machine Head, Fireball paraît souvent comme le disque de l’ombre. Pourtant, cet album va permettre d’asseoir un peu plus la direction heavy prog du groupe, notamment avec quelques classiques. À ce sujet, pensons bien sûr à la turbulente chanson titre, ouvrant le disque avec un bruit de machine et une introduction à la double-pédale. Il y a également l’instrumental ‘The Mule’ et son solo de batterie offrant de belles perspectives en live, la composition se diluant dans la performance volcanique de Ian Paice. Le mélodique ‘Anyone’s Daughter’, dylanesque, surprend, tandis que l’épique ‘The Fool’ et le remuant ‘No One Came’ restent dans la tradition du groupe, plutôt efficaces. Enfin, les singles ‘Demon’s Eye’ et le célèbre ‘Strange Kind of Woman’, disponibles selon les éditions, complètent le tableau. Peut-être un peu moins bon qu’In Rock, et sans doute moins important historiquement, Fireball n’en demeure pas moins un disque de qualité, faisant preuve d’une certaine force, d’une certaine solidité. Et sous ses allures faussement discrètes, il offre à Deep Purple son premier album n° 1 dans les charts UK.

Note : 4,5/6

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mercredi, décembre 09, 2009

DEEP PURPLE In Rock (1970)

Deep Purple - In Rock
Hard Rock/Heavy Prog (Angleterre)


Avec In Rock, Deep Purple prend une nouvelle dimension. C’est le premier album sous le line up mythique Mark II, comprenant Ritchie Blackmore (guitares) – Ian Paice (batterie) – Jon Lord (claviers), et deux nouveaux venus : le chanteur-hurleur Ian Gillan et le bassiste Roger Glover, deux autres pièces maîtresses permettant de construire la célébrité du Pourpre... La légende est en marche ! L’impétueux In Rock fait figure de premier classique de la formation, et permet à Deep Purple de devenir un groupe de hard rock à proprement parler. C’est aussi une œuvre personnelle, dépourvue des reprises des albums précédents.

On retrouve de véritables dynamiques progressives et en même temps un côté très direct. Cela est bien illustré par le fameux titre d’ouverture, le sonique ‘Speed King’, qui démarre avec fracas avant de se diluer dans des notes de clavier en apesanteur. La fraîcheur et la brutalité de cet hommage au rock and roll se marient bien avec sa structure, ses improvisations et l’alchimie assez sophistiquée entre les différents musiciens. J’ajouterais ainsi que le dialogue des soli de Lord et de Blackmore reste de toute beauté et fait du titre un de mes préférés du groupe. Dès lors, la dualité spontané/alambiqué devient alors un peu un fil conducteur pour l’album… Le morceau ‘Blood Sucker’ en est une nouvelle preuve, même si son côté exubérant peut gêner. Dans le même esprit, les compositions de la face B du disque sont de bonne facture ; on y trouve des mélodies réussies (‘Living Wreck’ par exemple) et des sections instrumentales en incandescence (‘Flight of the Rat’, et ‘Hard Lovin’ Man’ dont les rythmiques saccadées ne doivent vraiment pas déplaire à Steve Harris d’Iron Maiden…). N’oublions pas non plus le single tonique ‘Black Night’ qui se retrouve dans les rééditions de l’album.

Et puis il y a la métamorphose des dix minutes épiques de ‘Child in Time’… la pièce d’anthologie du groupe. Eh bien là, il y a quand même polémique. Personnellement, je ne peux oublier la ressemblance troublante avec ‘Bombay Calling’ de It’s a Beautiful Day, et ce malgré la maîtrise des claviers de Jon Lord, décidément bien inspiré. L’emprunt est trop franc, et honnêtement je pense que le morceau qui en résulte reste donc un peu surestimé. Cependant, n’oublions pas tout : son interprétation globale est évidemment remarquable et la fièvre de l’apex vocal de sa coda fait de ‘Child in Time’ un classique et une authentique performance. Difficile de l’évaluer au final… Véritable chef d’œuvre du rock ou composition copiée et surcotée ? On doit se situer quelque part entre les deux… mais il n’est pas aisé de trancher. D’ailleurs, au risque de m’attirer les foudres de toute part, même le solo ne trouve pas totalement grâce à mes yeux, pourtant si populaire et encensé… enfin, disons que je ne le classe pas au panthéon du genre, même si sa classe est indéniable.

Ces observations font dès lors d'In Rock un disque dual, une œuvre ambivalente, entre fraîcheur et complexité. L’album fait aussi figure de classique sans être véritablement le préféré des admirateurs du groupe. Ainsi, c’est dans ces ambiguïtés que Deep Purple amorce une série captivante de disques fondateurs pour le hard rock mais aussi, d’une façon plus ou moins inconsciente, pour le mouvement progressif.

Note : 4,5/6

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mardi, décembre 08, 2009

MERCURY REV Yerself Is Steam (1991)

Mercury Rev - Yerself is Steam
Pop-Rock / Néo-Psychédélisme (U.S.A.)


Mercury Rev aurait un peu un parcours à la Pink Floyd, finalement. Deux groupes qui démarrent fort avec un premier album repoussant les frontières de la musique, sous la houlette d’un frontman un peu barré (ici David Baker, homologue de Syd Barrett), et qui fera ses valises quelque temps après. Les deux discographies se ressemblent car elles vont « progressivement » s’orienter vers un pop-rock plus accessible. Comme pour beaucoup d’autres groupes certes...

En tout cas, c’est précisément avec ce disque, et dans une moindre mesure avec le suivant, que Mercury Rev se montre le plus impressionnant, en forme éclatante, et très inspiré. "Your Self-Esteem" est en effet un opus plutôt remarquable, présentant un univers un peu malsain, compté sur une musique oblique et déjantée. Une forme de néo-psychédélisme malfaisant, enraciné bien sûr dans le rock, et prédisposé aux délires psychiques.

Chaotique et conflictuel, cet album sulfureux présente diverses facettes, celle d’un monde narcoleptique, transcendantal et nébuleux. Différents climats enveloppent ce disque résolument arty, avec pour moments forts l’aura ensorcelante de ‘Sweet Oddysee of a Cancer Cell T' Th' Center of Yer Heart’, l’apothéose acoustique de ‘Frittering’, l’abyssal et luciférien ‘Blue & Black’, et le décalé ‘Very Sleepy Rivers’, long morceau final évoquant un serial-killer, paraît-il…

Ainsi déconstruite et malmenée, la musique de Yerself Is Steam s’inscrit dans le panthéon de l’art expérimental des nineties, indubitablement. Exaltée, faisant tout pour être incomprise, elle reste celle du meilleur album d’un groupe en proie à des mutations futures et qui se vouera ultérieurement à d’autres horizons musicaux bien différents.

Note : 6/6

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vendredi, décembre 04, 2009

OZRIC TENTACLES Erpland (1990)

Ozric Tentacles - Erpland
Space-Rock / Psychédélisme / Instrumental (Angleterre)


Erpland est un véritable itinéraire pour la conscience, un chemin magique lui permettant d’explorer de nouveaux mondes exotiques et spatiaux. Pour ce faire, les Ozrics, composés d’une dizaine de musiciens ayant suivi les pas de Mike Oldfield, Brian Eno, Gong et Pink Floyd, semblent avoir intégré les bases du rock et du jazz, du kraut et de l’ambient, du dub et du reggae. Ces divers styles se fondent dans le creuset d’un space-rock (quasiment) instrumental, progressif et psychédélique, débouchant sur une musique expressive, chatoyante et vivante. Et évidemment… tentaculaire. Erpland propose au final un voyage musical et fatalement « géographique », teinté en effet de world music et de sonorités moyen-orientales ou sud-américaines. Il s’agit d’une exploration d’un monde mystique et cosmique, d’une peinture sonore particulièrement colorée, acide et naturaliste, d’une œuvre organique et symbiotique. L’ensemble des morceaux, étincelants, nous fait découvrir ainsi un univers scintillant et pittoresque, sidéral et sidérant. Un univers étrange et psychique, décrit sur un style musical très marqué et typé. Pour s’en convaincre, les huit minutes de l’hypnotique premier morceau, l’épique ‘Eternal Wheel’, ou bien encore les parcours atmosphériques de ‘Toltec Spring’ et de ‘Tidal Convergence’, qui lui succèdent. L’émerveillement se poursuit avec le rutilant et subtil ‘Crackerblocks’, l’exploration de ‘Valley Of A Thousand Thoughts’, ou encore le dub vif et enthousiaste de ‘Iscence’, seul titre à comprendre des textes. Globalement dans ce disque, les atmosphères et ses effets demeurent évidemment prégnants, mais impossible de passer à côté du jeu guitaristique, précis et inspiré, ou encore du groove imparable de la section rythmique, dont les sonorités apportent souvent un plus et une identité propre à l’opus. La qualité se mêle donc à l’élaboration d’une véritable personnalité musicale, importante et atypique, dans le monde du progressif. Dépaysant et poétique, Erpland reste pour tout ceci le grand disque symbolique d’un des groupes britanniques les plus significatifs des années 90’s.

Note : 6/6

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jeudi, décembre 03, 2009

DON CABALLERO What Burns Never Returns (1998)

Don Caballero - What Burns Never Returns
Post-Rock / Math-Rock (U.S.A.)


What Burns Never Returns est le troisième album des fameux math-rockers américains de Don Caballero. Purement instrumental, il présente des rythmiques massives, compactes et puissantes, faisant souvent place à moult sections de guitares échevelées, imbriquées, entremêlées. Centré sur le jeu explosif de la batterie de Damon Che, What Burns Never Returns demeure un opus structuré, charpenté, parfaitement organisé, d’où ressort une alchimie technique a fortiori évidente. Les changements et modulations de rythmes haletants et époumonés apportent au tout une atmosphère oppressante, convulsive, spastique. Galvanisé par une impulsion jazz et des influences heavy, ce troisième album dévoile à sa façon les voies de l’expéri-mental au sein d’une culture intrinsèquement post-rock. Bien qu’un peu essoufflé sur la fin, il assoit en tout cas la renommée d’un groupe, au carrefour du temps et de l’espace sonores.

Note : 4,5/6

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