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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

dimanche, mars 30, 2008

RUSH Moving Pictures (1981)

Rush - Moving Pictures
Art Rock / Prog / FM (Canada)


Moving Pictures comprend deux points communs avec Permanent Waves. D’une part, il s’agit de la confirmation du tournant réalisé lors du disque précédent : un croisement de deux styles ennemis, le FM et le progressif, en y ajoutant des dynamiques hard et des inflexions new wave. D’autre part, il contribue également à asseoir plus encore la réputation de ce groupe et sa compréhension de l’essence d’un trio. Les morceaux de l’opus, très soignés techniquement et homogènes, prouvent d’ailleurs l’osmose absolument évidente qui règne entre les musiciens. À travers une production lisse et limpide se dévoile aussi une certaine noirceur, parfois inquiétante. Notons également la place stratégique importante qu’occupent les claviers. En règle générale, les différents titres de l’opus sont plutôt courts, à l’exception des 10 minutes de ‘Camera Eye’. On y décèle un tube parfait (‘Limelight’) et un instrumental qui rend plutôt bien en live : ‘XYZ’. Le groupe ourdit d’ailleurs quelques uns de ses classiques comme le fameux ‘Tom Sawyer’. Ainsi, Moving Pictures, à la fois abordable, rigoureux et précis, marque dès lors un pas supplémentaire en avant pour le groupe et demeure la pierre noire de sa discographie.

Note : 6/6

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samedi, mars 29, 2008

RUSH Permanent Waves (1980)

Rush - Permanent Waves
Art Rock / Prog / FM (Canada)


Difficile de ne pas succomber à l’explosion punk qui fit tant de mal au courant progressif. Difficile également de ne pas dénaturer son talent en s’orientant trop facilement vers une pseudo-new wave baveuse, c’est-à-dire vers le mauvais côté des 80’s (rassurez-vous, il en existe un bon : si elles n’ont pas atteint le zénith artistique des 70’s, les années 80 ont permis l’émergence d’une succession de groupes absolument excellents, et demeurent ainsi bien trop sous-estimées…). Pourtant, Rush a réussi à trouver la solution au problème en surfant à la fois sur la vague eighties, tout en gardant une certaine éthique progressive et une certaine énergie empruntée à ses origines hard rock. Permanent Waves est en fait l’aboutissement d’un crossover a priori contre-nature entre pop FM et rock progressif, influencé par le hard. Ce disque prouve également que c’est en se servant utilement des caractéristiques négatives (d’ailleurs souvent portées à tort) d'une époque que l’on permet l’émergence de nouveaux courants, de nouvelles possibilités musicales, bref que l’on atteint de nouveaux horizons artistiques. Un retournement de stigmates en somme. Permanent Waves opère donc un changement dans la carrière du groupe, qui va voir sa renommée accrue et solidifiée. Des morceaux courts et efficaces comme ‘The Spirit of Radio’, ‘Freewill’, le romantique et appliqué ‘Different Strings’ (une magnifique célébration de l’altérité), et l’épique et polymorphe ‘Natural Science’ (dont certains gimmicks inspireront des groupes comme Dream Theater), montrent ainsi au grand jour les ressources d’un groupe qui a su réinventer sa carrière.

Note : 5/6

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mercredi, mars 26, 2008

YES Magnification (2001)

Yes - Magnification
Progressif Symphonique (Angleterre)


Ces dernières années, Magnification de Yes restait à mes yeux l’horreur musicale de référence dans le monde progressif, voire dans le monde de la musique tout court. J’ai néanmoins décidé de procéder à une réévaluation fin 2007, pour vérifier si cette opinion commençait à tenir plus de la légende qu’à autre chose. Mais autant énoncer tout de suite l’issue de la manœuvre : je n’ai pu grappiller qu’un point plutôt généreux.

Revenons au début. Magnification est un disque de progressif symphonique, mais plus « symphonique » que « progressif » (là où Close to the Edge, par exemple, était plus « progressif » que « symphonique » stricto sensu, si on veut). Aidé d’une bonne production, le groupe est accompagné par un orchestre, mais délaisse délibérément… les claviers !

À vrai dire, la raison de l’échec de ce disque est plutôt simple : les mélodies restent en effet le principal défaut de l’album, accentué par la voix de Jon Anderson, devenue difficilement supportable. Sérieusement, comment ne pas s’arracher les cheveux devant les refrains de ‘Don’t Go’, de ‘Give Love Each Day’, ‘We Agree’ ? Mièvres et particulièrement niais, d’un goût forcément douteux, ils condamnent le disque et empêchent toute rédemption. ‘Spirit of Survival’, autre titre de longueur raisonnable, participe également au naufrage.

Pourtant, les arrangements ne sont pas toujours mauvais, et restent même dans l’ensemble plutôt soignés, comme s'ils tentaient parfois de relever le niveau. Les moments agréables restent néanmoins trop rares et au final peu convaincants. Le salut aurait pu venir des petits morceaux plus courts, ou bien sûr des deux titres de 10 minutes : ‘Dreamtime’ (l’excellent début et les 30 dernières secondes uniquement) & ‘In the Presence Of’ (la fin de ‘Deeper’, ‘The Death of Ego’ et ‘Turn Around and Remember’), pièces présentant des passages particulièrement réussis.

Si la fin du disque se montre donc de meilleure facture, l’ensemble reste vraiment trop faible pour espérer une note plus clémente. La démarche aurait pu être intéressante, mais Yes semble trop pris dans ses contradictions internes pour proposer quelque chose de plus régulier et subtil. Ma mission s'arrête là, en attendant, qui sait, une prochaine et douloureuse évaluation, dans quelques années...

Note : 1/6

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