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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

mercredi, octobre 24, 2012

Kate BUSH Lionheart (1978)

Kate Bush - Lionheart
Art Rock/Pop (Angleterre)


Sorti la même année que The Kick Inside, Lionheart est le deuxième album de Kate Bush. Appuyée par un line up analogue (comprenant cependant pour la première fois le fidèle Del Palmer à la basse), l’artiste nous dévoile de nouveaux morceaux dans le même esprit, mettant en valeur sa voix... mais pas encore tout son univers. L'ensemble est toujours produit par Andrew Powell, et se montre peut-être plus cinématographique que littéraire cette fois.

Malgré quelques nouvelles tentatives d’approche, l’ensemble reste cependant assez convenu, sans être désagréable, même si certains titres tirent leur épingle du jeu, comme le très beau ‘Wow’, emblématique. J’aime bien également le piano de ‘Don’t Push Your Foot On The Heartbreak’, simple sans être renversant, et la délicatesse d’‘In The Warm Room’. En revanche, ‘Oh England My Lionheart’, et le single ‘Hammer Horror’, assez irritant, sont à oublier je pense.

Lionheart est comme un complément satisfaisant à The Kick Inside, une prolongation soignée et bien « instrumentée » mais de moins bon niveau. Mais on est en droit d’attendre du changement, Lionheart nous montrant que l’on a un peu fait le tour de la question dans cette première étape discographique de Kate Bush. Et ce changement va survenir, dans un premier temps assez léger, avec Never For Ever, progression sur le fond et la forme.

Note : 3,5/6

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mardi, octobre 23, 2012

Kate BUSH The Kick Inside (1978)

Kate Bush - The Kick Inside
Art Rock/Pop (Angleterre)


Kate Bush figure parmi les artistes féminins les plus célèbres, notamment grâce à sa voix unique et à ses chansons qui ont infiltré le patrimoine de la musique pop européenne. On peut le dire : Kate Bush développe une pop véritablement artistique, proche de la représentation, qu’elle soit livresque, poétique, théâtrale ou cinématographique, avec ce côté ésotérique comme cette exubérance romantique et émotive propre au personnage.

The Kick Inside est sa première offrande, un disque qui nous présente dans un premier temps Kate, en dépassant tout de même l’ambiance un peu « conservatoire ». Au niveau du line up on note la présence de musiciens du Alans Parsons Project, comme le guitariste Ian Bairnson, le batteur Stuart Elliott, le claviériste Duncan Mackay, le bassiste David Paton… avec Andrew Powell à la production, qui avait déjà bossé avec le groupe. Et n’oublions pas non plus le saxophoniste Alan Skidmore (Keith Tippett, Soft Machine) tout comme le frère de Kate, Paddy Bush, qui participe lui aussi à l’aventure. Enfin évidemment, David Gilmour marque aussi sa présence, comme executive producer pour deux morceaux. On le voit bien au niveau des musiciens engagés dans ce disque : il y a une réelle base art-rock tendant un peu vers le prog.

Parmi les highlights, ‘Wuthering Heights’ tout d’abord, le titre qui la propulse vers la renommée… Une mélodie joviale incroyable, un piano pour la soutenir, et le solo de guitare de Ian Bairnson qui surgit pour un final classieux et irrésistible. Par ailleurs, on notera la référence littéraire d’Emily Brontë… A cette fête je joins ‘James and the Cold Gun’, un des morceaux les plus toniques du disque, avec cette petite cassure post premier refrain me rappelant les sons « façon morse » sur Foxtrot de Genesis. Le titre le plus progressif de l’album sans doute… D’ailleurs, Genesis a sorti deux ans avant son Wind and Wuthering… tout se recoupant un peu étrangement on dirait.

Le cœur de l’album regorge visiblement des meilleurs morceaux de l’opus, comme ‘Oh To Be In Love’, plus enlevé et efficace (malgré quelques sons un peu cheap). Cela se confirme aussi avec ‘Feel It’, ou ‘L’Amour Looks Something Like You’. Mais je ne saurais oublier les sympathiques ‘The Saxophone Song’ et ‘Strange Phenomena’, voire le mélancolique ‘The Man With the Child in his Eyes’ tout comme le morceau-titre, qui sont d’autres moments bien agréables et personnels. Le disque garde une vraie homogénéité sans pour autant demeurer répétitif. Et on se laisse volontiers immerger dans les histoires contées par l’artiste… En revanche, ‘Kite’, ‘Them Heavy People’ ou encore ‘Room for the Life’ ont tendance à m’irriter.

Mélange de force et de délicatesse, pop occidentale et pourtant bien dépaysante, The Kick Inside est un début remarqué. S’il présente l’identité musicale de Kate Bush, il ne reste pas représentatif de l’ensemble de sa discographie, la princesse n’ayant pas encore montré l’étendue de ses charmes musicaux enivrants, et notamment la sophistication des œuvres ultérieures, comme The Dreaming ou Hounds of Love… Mais pour l’heure, goûtons aux plaisirs nocturnes de ce premier disque…

Note : 4,5/6

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lundi, août 13, 2012

Peter GABRIEL Peter Gabriel [Scratch] (1978)

Peter Gabriel - Scratch
Art Rock/Pop (Angleterre)


Scratch pourrait bien être le mal-aimé de la discographie de Peter Gabriel. Pourtant, certains morceaux lui donnent une vraie respectabilité et lui confèrent également une authentique identité. Poussant plus loin sa pop, entrant progressivement dans de nouvelles sophistications, Peter Gabriel s’entoure encore une fois de Robert Fripp, toujours plus influent sur sa musique, et de Tony Levin. À ce sujet, Scratch s’insère dans une trilogie avec Exposure de Robert Fripp (1979), dont on retrouve ici le morceau titre dans une autre version, et Sacred Songs de Daryl Hall (1980). Par ailleurs, Sid McGinnis participe toujours à l’aventure tout comme l’expert Larry Fast pour les traitements synthétiques. Deux nouveaux venus enfin : Roy Bittan aux claviers (les connexions musicales avec Springsteen ne sont pas fortuites) et Jerry Marotta, fidèle compagnon, exerçant ses talents à la batterie.

Au niveau des morceaux plus précisément, je retiens déjà l’ouverture très percutante, ‘On The Air’, avec ses effets futuristes et sa basse gonflée à bloc. ‘D.I.Y’ n’est pas le morceau du siècle mais il lui succède bien, avec cette énergie et cette homogénéité construite pour ce disque. ‘Mother Of Violence’ n’est pas trop mal, rappelant la fragilité émotive de certains titres de Genesis, sans casser des briques. Non, en fait, les deux autres morceaux qui me plaisent particulièrement et sortent du lot sont ‘White Shadow’ (quelle merveille…), et sa mélodie implacable et classieuse, et bien sûr ‘Exposure’, appuyant encore davantage le côté expérimental de l’album. Ah et puis il y a ‘Indigo’, encore une mélodie pas inintéressante…

Avec ces divers ingrédients, on peut visiblement passer déjà de très bons moments musicaux. Alors pas de quoi se plaindre ; derrière ses allures hostiles et moins avenantes que Car, Scratch, à défaut d’être le premier classique de Peter Gabriel, reste un très bon disque, certes largement perfectible, mais dont les égarements seront bien vite rattrapés par la suite.

Note : 4,5/6Morceaux fétiches : ‘White Shadow’, ‘On The Air’, ‘Exposure’

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mardi, novembre 01, 2011

YES Tormato (1978)

Yes - Tormato
Rock progressif / Pop (Angleterre)


Représentant l’un des fers de lance du courant progressif, Yes nous a habitués à plusieurs pièces imposantes ; on pense en effet à Close to the Edge, Relayer, Tales…, ou encore au morceau ‘Awaken’ sur Going for the One. Avec Tormato en revanche, Yes amorce un virage un peu plus pop-rock, s’enfuyant subrepticement des contrées intrinsèquement progressives. Malheureusement, le résultat n’est pas des plus convaincants.

La production semble un peu plus sibylline, et les orientations musicales plutôt hésitantes. Certains titres auraient mérité mieux (‘Madrigal’ s’échappant à peine de la caricature) et d’autres moments font vraiment pâle figure : le très kitsch ‘Don’t Kill the Whale’ et ‘Release/Release’ qui s’enfonce dans l’inutile et le démonstratif (la section en « faux live » plutôt ridicule)... On se demande en fait qui pourrait écouter ça, et dans le meilleur des cas, le second degré n’excuse pas tout. Quant à ‘Future Times/Rejoice’, il reste fidèle à la personnalité de Yes, une ouverture plutôt correcte malgré ses toutes premières notes un peu datées. ‘Onward’ semble lui plutôt appréciable et délicat mais devient parfois un peu irritant et mielleux à la longue. Enfin, ‘Arriving UFO’ et surtout l’étrange ‘Circus of Heaven’ apportent tout de même quelques sons nouveaux et deux micro-univers un peu décalés, sans pour autant que l’on crie au génie.

Personnellement, je me demande si « le mal » du disque ne vient pas de deux membres du groupe, dont Tormato scelle le départ : Jon Anderson et Rick Wakeman. Certes, le chanteur reviendra pour 90125 (1983), et le claviériste pour Union (1991), deux albums, il est vrai, assez mauvais.

 - Pour Jon Anderson, j'admets avoir beaucoup de mal avec sa voix. Elle passe assez bien quand elle est intégrée à un projet de plus grande ampleur, à des disques de plus grande envergure participant pleinement à l’identité de Yes et apportant quelque chose à l’Histoire (comme Relayer ou Close to the Edge). En revanche, dans un disque poussif, à la limite du mauvais goût, elle ne fait que catalyser le côté ringard et ennuyeux de l’ensemble, impression qui fait tant de mal au courant progressif.

 - Le constat est également alarmant pour les sons de synthés de Rick Wakeman, qui a plutôt le beau rôle dans cet album. Dès les premières notes, on est déjà un peu gêné... Et la suite ne nous donnera pas tort, tant les claviers tyranniques transforment Tormato en un disque un peu confus, en une nuée musicale un peu difforme. L’intention artistique n’est pas forcément blâmable mais le résultat est plutôt problématique. Pas étonnant finalement qu’on demande la vague punk à la rescousse pour déblayer le terrain et engloutir ces types d’écarts.

Tormato contient quand même du positif. Dans les morceaux les plus ratés on décèle toujours une certaine maturité dans l’exécution, même si l’inspiration fait grandement défaut. De plus, on retiendra notamment ‘On the Silent Wings of Freedom’, plus subtil que les pochades un peu grossières du reste du disque. Ce titre final met à l’honneur Chris Squire, Steve Howe et Alan White dans des passages un peu plus épiques et tendus. La section instrumentale de départ demeure plutôt intrigante et magnétique, et le reste de la composition reste également bien senti et construit, mettant en valeur différents types d’émotions et de climats. Ce morceau très réussi, intégré dans une seconde partie de disque de meilleure facture, sauve un peu l’ensemble du naufrage, même si la barre est sans doute redressée un peu tard…

Bon c’est vrai, on reste toujours un peu content d’écouter un disque de Yes, un tantinet mystérieux et toujours alambiqué, même si les pièces ouvragées des grands opus du groupe sont délaissées. Par moments, Yes montre qu’il a de bonnes idées de compositions et une volonté de « maîtriser » des sons nouveaux. Malheureusement, il n’échappe pas à la maladresse. Dépassé, n’ayant que trop peu à offrir, Yes semble un peu aux abois à la fin des seventies. Certes, Going for the One le disque précédant, avait peut-être réussi, par endroits, là où Tormato échoue. Mais pour le moment, et un peu facilement il faut le dire, on ne peut que réserver une seule sentence pour ce dernier : quelques (petites) tomates bien mûres.

Note : 2,5/6

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vendredi, mai 05, 2006

GENESIS And Then There Were Three (1978)

Genesis - And Then There Were Three
Pop / FM (Angleterre)


Ils ne sont plus que trois… Hackett vient de quitter l’aventure et l’on se retrouve ainsi en petit comité pour découvrir ce disque intimiste et nocturne, And Then There Were Three, album de pop légèrement atmosphérique grâce à ses claviers crépusculaires, mais encore un tantinet progressif, et véritablement radio friendly à de nombreux endroits. En tout cas, le Rubicon est sans doute franchi. Pour un bout de temps, ou devrais-je dire pour toujours… Ceci dit, pour bien préparer sa chute, autant partir de haut, et cet album n’est vraiment pas dépourvu de qualités, loin s’en faut. Ici encore Banks fait des étincelles, avec notamment les très mélodiques ‘Many too Many’ et ‘Undertow’, pleins d’émotion, et le sublime ‘The Lady Lies’, meilleur titre du disque grâce à son refrain absolument envoûtant et magnétique. Le disque affiche une réelle cohérence, et garde encore quelques réflexes légèrement progressifs, comme sur ‘Burning Rope’, le morceau le plus long du disque, encore écrit par Banks. Beaucoup de titres contribuent à l’ambiance du disque sans pour autant tirer véritablement leur épingle du jeu (l'ouverture du disque ‘Down and Out’ et ‘Deep in the Motherlode’ restent quand même franchement pas mal). Evidemment, il y a le pseudo-tube ‘Follow You, Follow Me’, qui à mon sens n’est pas très réussi : une sorte de chanson FM au refrain dégoulinant, donnant un aperçu peu enviable de la suite de la carrière du groupe, malgré une intro intéressante et un couplet correct. Mais là n'est point l'essentiel... Dans l’ensemble, And Then There Were Three est un disque atypique dans la trajectoire discographique de Genesis, un album qu’on aurait sans doute tort de négliger, pour son ambiance et ses highlights...

Note : 4,5/6

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