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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

mardi, mai 16, 2006

ANGE Au-delà du délire (1974)

Ange - Au-delà du délire
Progressif Symphonique (France)


Au-delà du délire, qui fait figure de classique dans la discographie du groupe, est un peu la confirmation de ce que l’on a pu entendre sur le précédent disque Le cimetière des arlequins. Ici encore, nous sommes en présence de nouveaux personnages (‘Godevin le Vilain’ par exemple) et la musique nous emmène dans un Moyen-Âge fictif et onirique (jusque dans les bois autour du château, où l’on entend le murmure perpétuel de la nature et de ses habitants). Quant aux textes, ils évoquent à la fois les hallucinations psychotiques et les visions bibliques qui ont déjà frappé l’esprit dérangé de Décamps sur les précédents albums. ‘Si j’étais le Messie’ en effet, est une déclamation déroutante, un morceau qui montre qu'Ange ne joue pas que de la musique mais sait aussi raconter des histoires troublantes (comme c’est aussi le cas sur ‘La bataille du sucre’, même si je suis bien plus réservé sur ce titre). Après cette vision messianique et une transition brutale, le disque se poursuit avec une autre réussite : ‘Ballade pour une orgie’, petite comptine de ménestrel en or fin. L’album regorge aussi d’un titre plus rock ‘Fils de Lumière’ et une fois encore d’un long morceau éponyme s’achevant sur un solo de feu. Ainsi, c’est sur cette dernière vignette que le livre d’images du petit page, le recueil de contes magiques, se ferme devant nos yeux.

Note : 5/6

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lundi, mai 15, 2006

ANGE Le cimetière des arlequins (1973)

Ange - Le cimetière des arlequins
Progressif Symphonique (France)


Le soir, dans la brume bleutée, j’aperçois la procession des arlequins… ils grimpent une montagne verdoyante et transportent des présents, de l’or, de l’encens… C’est avec Le cimetière des arlequins que j’ai découvert le monde musical si particulier d'Ange… Ce deuxième album du groupe demeure plus cohérent et plus homogène que le précédent, et le style y est plus affiné. Il nous emmène dans un univers onirique, magique et humoristique (‘L’espionne lesbienne’), parfois plus intimiste et coquet (‘La route aux cyprès’) mais toujours aussi sombre… et parfois même macabre, si ce n’est angoissant (les ambiances de ‘Bivouac final’ et surtout le terrible morceau éponyme). Dans l’ensemble, la musique reste toujours très exubérante et typée. D’ailleurs quoi de plus naturel pour Ange d’ouvrir l’album avec une reprise du très théâtral Jacques Brel (‘Ces gens-là’) ? Il y a en outre un morceau dont je ne me lasse pas : ‘Aujourd’hui c’est la fête de l’apprenti sorcier’, petite perle de progressif enveloppée dans des nappes de claviers célestes (notons que le mellotron n'est pas utilisé avant 1978 et l'album Guet-apens). De plus, les textes sont également réussis, demeurant bien sûr un élément particulièrement important. Bref, toujours très atmosphérique, et souvent dérangeant, ce deuxième album est un passage obligé dans le monde du progressif français.

Note : 5/6

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dimanche, mai 14, 2006

ANGE Caricatures (1972)

Ange - Caricatures
Progressif Symphonique (France)


« Ecoutez-moi… Caricatures… »… C’est ici que commence la très longue aventure d'Ange, l’Analyse Naturelle des Grands Esprits, le Genesis français… Avec ce premier opus, la petite troupe emmenée par Christian Décamps nous propose une musique personnelle, hallucinée et terriblement sombre, habillant des textes surréalistes aux allures prophétiques, poésie noire enrobée d’un humour grinçant et d’un cynisme glacial. Des appels du pied au Roi Crimson dans ‘Dignité’ à la comptine crépusculaire et mélancolique ‘Le soir du diable’, des déséquilibres mentaux et malsains de ‘Tels quels’ aux illuminations névrotiques et métaphysiques du long morceau-titre, c’est toute une série d’atmosphères qui nous saisit, nous dérange… Personnellement, ces ambiances m’emmènent dans les vieux quartiers de Paris, dans la brume du soir, dans ces rues intimes et théâtrales où se déploie la simplicité de la vie de tous les jours, dans ces endroits magiques où respire encore l’esprit haletant du Moyen-Âge. Le délire ronge l’intellect de Christian Décamps et celui-ci décrit ses visions, ses rêves, ses cauchemars pour les entremêler dans une folie musicale à mi-chemin entre rêve et réalité. Caricatures est ainsi un album brut et authentique, le début d’un parcours atypique d’un des grands groupes français des seventies.

Note : 4,5/6

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