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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

lundi, décembre 30, 2013

NEGURĂ BUNGET Om (2006)

Negură Bunget - Om
Métal extrême atmosphérique (Roumanie)


Om fait figure de pièce maîtresse... maîtresse des climats et des atmosphères, révélatrice d’une culture et d’une empreinte locale. Negură Bunget atteint un sommet avec une œuvre captivante et d’une grande créativité, attestant d’une finesse et d’une précision hors-norme dans l’exécution. À mon sens, cet opus figure dans le top 5 des disques de métal les plus importants de sa décennie.

Om incarne encore ce souffle, cet appel, bruissant à nos oreilles… ces atmosphères lugubres qui pourtant nous invitent à vivre quelque chose d’inédit et de magique. Et chaque instrument y contribue de la plus belle des manières : claviers tissant de belles nappes atmosphériques ; guitares tantôt lumineuse, tantôt plus rocailleuse, symbolisant toute la violence propre à la nature ; percussions locales dont les tintements est systématiquement synonyme de frissons... sans oublier ses voix ensorcelantes.

Negru, membre éminent du groupe, ne disait-il pas du nom « Negură Bunget » qu’il signifiait ce brouillard noir, venant d’une forêt sombre, dense et profonde ? Om nous donne les clefs pour nous y engouffrer. Et surtout pour admirer la grandiloquence et la majesté des paysages qui s’offrent à nous. Il s’agit néanmoins d’un autre type de forêt que ceux côtoyés d’habitude ; nous sommes en Roumanie, et le groupe, plus que jamais, veut témoigner de sa culture.

Om ressemble au tressaillement d’une rencontre avec de larges étendues, des panoramas étourdissants riches en atmosphères, comme en atteste la plage ‘Primul Om’, absolument saisissante, notamment pour ses claviers inquiétants. D’autres sections de nappes ambiantes font leur apparition tout le long du disque, le recouvrant de leur voile sépulcral. De toute évidence, la musique de Negură Bunget ressemble à ces percées de lumière diaphane traversant la brume.

Terribles et merveilleux, les trois morceaux les plus épiques du disque sauront vous transporter : ‘Tesarul de Lumini’ (posant le décor et ses différentes facettes), ‘Cel Din Urma Vis’ (avec son solo de lumière vous happant littéralement), et bien sûr ‘Cunoasterea Tacuta’. La section instrumentale de ce dernier est proprement hallucinante, hypnotisante, avec ces petites incursions de percussions et de guitare, donnant la chair de poule. J’aurais enfin une pensée pour le rugueux ‘Inarborat’, et pour ‘Hora Soarelui’, vous emmenant vers les Cieux à la fin du disque.

Om est une œuvre riche, un univers à part entière, dans lequel chaque instrument se met au service de l’autre. Om est un disque abouti, qui se met à l’écoute d’autres horizons, exprimés ici de la plus sublime des musiques, semblant résonner dans un espace presque infini. Une œuvre impressionnante et mirifique, que l’on appréhende avec admiration et effroi, et promettant un au-delà aux musiques les plus extrêmes.

Note : 6/6

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vendredi, décembre 27, 2013

ANSUR Axiom (2006)

Ansur - Axiom
Métal extrême progressif (Norvège)


"Axiom"… le titre lui-même nous annonce, sans mentir, un disque mathématique et progressif… Mais Axiom, le premier album des Norvégiens d’Ansur est avant tout un disque de métal sombre et abrupt, nerveux et tendu, voire assez extrême ; il cultive en filigrane les atmosphères d’un black métal évocateur et un peu épique, pas si éloigné des contrées d’Emperor (*), sans connaître pour autant l’emphase et la puissance de production de leurs œuvres plus récentes. Et pour cause, Axiom fut enregistré dans les propres studios du groupe : un aspect self-made qui peut se révéler ici tout à fait à propos.

Très heavy et agressif, Axiom pose rapidement le décor avec ‘Earth Erasure’ : des riffs hostiles, des chœurs discrets et énigmatiques, chantant les déboires d’un univers post-apocalyptique assez conceptuel. Mais ce qui frappe immédiatement nos oreilles si délicates c’est ce chant très en retrait, façon « combiné téléphonique », qui sera peut-être pour beaucoup la critique négative majeure de l’opus. À titre personnel, ce parti pris de production ne me pose pas vraiment de problème.

C’est avant tout la qualité des riffs qui me semble être la priorité d’écoute de cet Axiom. Et pour le coup, Ansur tient déjà plusieurs bons titres à son actif :
  • ‘Post-Apocalyptic Wastelands’, dont j’aime beaucoup l’incursion des guitares claires/acoustiques (disséminées par endroits dans l’ensemble du disque), introduisant un passage inquiétant plutôt réussi ;
  • ‘Interloper’, variant les tempos et ourdissant des sections de guitares assez complexes et tout à fait prenantes (vers 4:55 & 6:54 notamment) ;
  • ‘The Desert Messiah’, au côté fougueux bien exploité à travers ses riffs (et ce malgré des vocaux ici assez approximatifs), et présentant une middle section claire (4:08) toujours très mathématique et progressive.
Mais à mon sens, le morceau phare d’Axiom est indiscutablement son titre ultime : ‘The Axiom Depicted’. Il semble vous dévoiler les clefs de l’opus. Mais surtout : il vous propose une admirable coda, très atmosphérique et envoûtante, bien amenée par une section middle réussie. Ce finish a irrémédiablement marqué mes écoutes de l’album. Justement, les "post-apocalyptic wastelands", on les ressent clairement ici, et bien plus qu’ailleurs.

À l’écoute d’Axiom, Ansur montre qu’il n’est pas dénué de personnalité. La production sèche pourra peut-être réfréner l’enthousiasme de ceux voulant goûter aux dynamiques progressives du groupe. Mais ce ne serait pas faire justice au quatuor, qui offre de belles promesses pour la suite. Derrière son aspect brut et juvénile, Axiom demeure un disque attachant et maîtrisé.

Note : 4,5/6

(*) : le groupe avait d’ailleurs été signé sur le label de Samoth d’Emperor : Nocturnal Art Productions.

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mercredi, juillet 25, 2007

SAGA Trust (2006)

Saga - Trust
Art Rock / Nouvelle Vague (Canada)


Toujours dans la lignée des deux précédents albums, Saga développe un heavy prog FM mâtinée d’une production claire et plutôt maîtrisée. Trust nous montre dès les premières écoutes les points positifs habituels (guitares croquantes, ambiances travaillées…) et les défauts récurrents : parties de claviers hors de propos (‘That’s as far as I’ll go’), mélodie franchement à côté (‘Ice in the Rain’), voire pompière (‘Trust’). Certains morceaux valent néanmoins le détour et nous font pardonner les écarts du groupe : ‘Back to the Shadow’, morceau hypnotique, élégant, et doté d’une très bonne section instrumentale ; ‘I’m OK’, pas franchement convaincant mais honnête et appliqué ; ‘It’s your Life’, un peu facile, mais plutôt accrocheur au niveau de l’atmosphère (cela étant, le riff au clavier qui clôt le refrain est un peu inopportun) ; ‘Footsteps in the Hall’, titre plutôt solide rythmiquement ; et enfin le majestueux ‘On the Other Side’, bonne conclusion pour un disque qui aurait peut-être mérité mieux, notamment si les musiciens avaient corrigé certaines de leurs mauvaises habitudes, et donné la pleine mesure de leur talent.

Note : 4/6

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