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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

lundi, octobre 29, 2012

Kate BUSH Hounds of Love (1985)

Kate Bush - Hounds of Love
Art Rock/Pop (Angleterre)


Trois ans après le séminal The Dreaming sort Hounds of Love, succès commercial et figure de proue d’une discographie riche et enivrante. Ici se dérobe un univers lascif et cotonneux, accompagné de ses atmosphères célestes et laiteuses. À mon sens, le mérite de l’œuvre découle avant tout de son homogénéité, même si ses deux parties demeurent comme les deux faces de Janus, la première riche en singles (notamment ‘Cloudbusting’ et la chanson-titre), la seconde davantage conceptuelle, chaque titre participant à un tout. Nouvelle œuvre dont Kate Bush assure elle-même la production, Hounds of Love présente l’artiste sous un jour différent, soutenue par une forme de pop progressive 80’s moins aventureuse que celle de The Dreaming, mais pas forcément moins ambitieuse, et dans laquelle la dame semble toujours plus impliquée. Hounds of Love renforce ainsi toute l’imagerie lyrique de l’artiste, en l’enrichissant, mettant en valeur tout son charisme et sa puissance.

Note : 4,5/6

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dimanche, septembre 02, 2012

Peter GABRIEL Birdy (1985)

Peter Gabriel - Birdy
Art Rock/B.O./Atmosphérique (Angleterre)


Une B.O.… L’occasion pour Peter Gabriel de s’exercer avec Birdy dans ce genre musical à part entière. Au vu de la musique pratiquée ces dernières années, le parcours semble logique… et l’idée sera poursuivie pour son plus beau disque : Passion

Birdy se compose « uniquement » de morceaux instrumentaux, parfois empruntés à d’anciens titres (‘Family Snapshot’, ‘Not One of Us’, ‘The Rythm of The Heat’, ‘Wallflower’, ‘San Jacinto’). Il s’agit d’un travail d’atmosphère, de synthèse aussi, et de fidélité à un film : Birdy d’Alan Parker (1985). Le line up accompagnant Peter Gabriel dans son projet est sensiblement le même que celui rencontré dans ses autres disques. On note aussi la participation de Jon Hassell.

Et puis le disque compte un titre majeur : ‘Dressing The Wound’… plein de désolation et d’introspection… de frissons dès les premières secondes. Peter Gabriel se rapproche d’Eno, avec une sensibilité presque Wyatt-ienne j’ai envie de dire… Et puis ces nappes ascendantes, presque religieuses…

Il y a également d’autres très belles compositions translucides, comme l’ouverture ‘At Night’, contenant en elle des échos de ‘Wallflower’ (à l’instar de ‘Underlock and Key’, beaucoup plus explicite). Une bonne idée aussi ce ‘Slow Marimbas’, avec ses pulsations nocturnes. L’ensemble des morceaux est plutôt éthéré, parfois un peu menaçant, évoquant une âme planant au-dessus de nos têtes, ou un élément céleste prêt à faire son envol…

La B.O. de Birdy, bien que composée de nombreux éléments connus, à la façon d’une réminiscence, propose donc de nouvelles surprises bien réelles. Et ce disque devient une étape de plus sur le chemin de Peter Gabriel, toujours prêt à traquer et à mettre en musique nos sentiments les plus intérieurs.

Note : 5/6Morceaux fétiches : ‘Dressing The Wound’, ‘At Night’

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mercredi, septembre 15, 2010

RUSH Power Windows (1985)

Rush - Power Windows
Heavy Prog / Atmosphères / FM (Canada)


Si Rush a su adopter le son des années 80 avec intelligence, le groupe pousse sa démarche à son absolu avec Power Windows, consciemment ou non. Valorisé par la production lisse et limpide de Peter Collins, le son est ici ample et grandiloquent, tout en gardant une certaine froideur clinique. Propulsés à leur paroxysme, les claviers en mettent plein la vue, volubiles, accompagnés de leur lot d'effets artificiels. Entre échos et réverbérations, les parties de guitares, éclatantes et explosives, sont mises au service d'une musique étincelante et résolument sophistiquée, rythmée par les percussions crypto-synthétiques de Neil Peart. Les instrumentations nous donnent l’étrange impression de nous trouver au sein d'une prison de verre ou de glace, dans un monde un peu inhumain et abandonné à la technique, domaine dans lequel les membres de Rush ne sont d'ailleurs pas en reste.

Et au niveau de la qualité des compositions, mis à part le refrain très ampoulé de ‘Marathon’ et son final un peu odieux, le disque ne regorge que de moments plutôt complexes et intéressants, voire brillants, même si le style emprunté ici pourra dérouter. Rush signe d'ailleurs un de ses meilleurs morceaux avec ‘Middletown Dreams’, sorte d'écho thématique et atmosphérique à ‘Subdivisions’ présent dans l'album Signals. On ne peut pas non plus oublier la middle section synthétique et la coda de ‘Big Money’, la dynamique alambiquée de ‘Grand Designs’, les claviers crépusculaires de l’épique ‘Manhattan Project’, les abysses fascinantes de ‘Territories’, la mélodie de cristal d’‘Emotion Detector’ et la pulsation du classique ‘Mystic Rythms’, terminant parfaitement le disque avec ses ambiances dépaysantes et magnétiques…

J'ai toujours ce sentiment particulier que Power Windows reste le genre d'albums sur lequel on est content d’être tombé, et qu'il faut évidemment écouter. Un disque qui cultive sa propre ambiguïté, de façon un peu contraignante, puisqu’il semble à la fois original et conventionnel, personnel et prisonnier de son époque. Power Windows apporte ici son identité et des éléments nouveaux d'une qualité certes contestée mais à mon sens bien réelle. Mystérieux, inquiétant parfois, il s’agit d’un album vraiment réussi et porteur de sens, source de compromis, de tensions et de contradictions inextricables. Dystopique et rétro-futuriste, jusqu’au-boutiste et parfaitement assumé, Power Windows demeure le disque de toutes les incompréhensions, témoin d’une réelle profondeur sous couvert d’une pop progressive FM faussement désuète.

Note : 5,5/6

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lundi, juillet 26, 2010

MARILLION Misplaced Childhood (1985)

Marillion - Misplaced Childhood
Néo-progressif (G.B.)


Un concept album sur l’enfance… et un opus déjà plus personnel dans sa musique et dans ses thématiques… Marillion privilégie ici la cohérence, se tourne vers plus de subtilité, canalise ses émotions… pour en tirer toute la substance. S’il n’est pas encore à son apogée artistique, le groupe frappe cependant un grand coup avec Misplaced Childhood, disque faussement naïf et vraiment intrigant, nous plongeant dans l’univers mélancolique du passé. Un voyage léger et nostalgique, une échappatoire au présent, pour peut-être mieux le comprendre. Les claviers prennent une place royale, de premier plan, et les ambiances deviennent parfois même majestueuses, sans tomber véritablement dans le pompeux. Les musiciens optent ainsi pour une vraie cohésion, et restent très mesurés. Certes, Fish demeure toujours un peu excentrique, mais on le sent déjà beaucoup plus sincère. Globalement, en termes de son et d’époque, on est en plein cœur des 80’s mais cela n’empêche pas, contrairement aux a priori un peu présomptueux, la genèse d’un disque authentique et émotif, à défaut d’être génial, intégrant les divers éléments du concept album : outre quelques singles (l’emblématique ‘Kayleigh’ et le tendre ‘Lavender’), le groupe n’oublie pas de nous offrir comme il se doit un morceau épique (‘Blind Curve’), tout en soignant également ses transitions (‘Lords of the Backstage’ et l’excellente plage atmosphérique pleine de tension : ‘Bitter Suite’). Aussi, un morceau contenant toute l’essence de l’album attire l’attention : il s’agit de ‘Childhood’s End?’, éblouissant et mélancolique, grâce notamment à ses lignes de guitar delay et à ses claviers élégiaques… Un titre qui demeure pour moi l’une des grandes réussites du début de la carrière de Marillion. Le groupe prend ainsi encore un peu plus d’ampleur avec ce disque capital qui s’ajoute déjà au séminal Script for a Jester’s Tear... Triomphe commercial et succès artistique, album touchant et maîtrisé, Misplaced Childhood marque dès lors l’époque d’un son, et le progressif d’un de ses classiques.

Note : 5/6

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