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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

mardi, octobre 30, 2012

Kate BUSH The Sensual World (1989)

Kate Bush - The Sensual World
Art Rock/Pop (Angleterre)


Aux portes des années 90, The Sensual World semble légèrement en préfigurer le son et le sens. Bien dans son époque, Kate Bush nous propose une œuvre toujours plus moderne, entourée d'une aura brumeuse et enivrante. Lisse et accomplie, la production lève le voile sur un certains nombres de titres de qualité comme la chanson-titre, en guise d’ouverture, présentant parfaitement l’univers à découvrir, avec cette lascivité et cette sensualité dont Kate a le secret et qui avaient déjà été bien exploitées dans le disque précédent, Hounds of Love. Mais si je devais ne retenir que deux titres je penserais avant tout à ‘Deeper Understanding’, pour ses instrumentations mêlées, et bien sûr à ‘This Woman’s Work’, morceau mirifique faisant partie des tous meilleurs de la dame. La voix y est sublime et se fait porter par une chanson émotive extraordinaire, dans laquelle le temps semble d’arrêter. Entre fragilité et puissance, d'une profondeur abyssale. Je noterais aussi deux autres titres intéressants : ‘Fog’, accentuant ces ambiances oniriques et ténébreuses, donnant un caractère plus sombre à The Sensual World, là où Hounds of Love obtenait un peu cet aspect davantage lumineux ; et ‘Never Be Mine’, dans une veine plus romantique, jouant sur une fausse facilité d’écriture. L’ensemble du disque reste bien homogène, riche en arrangements léchés et de qualité, et livrant pour notre plaisir son parfum le plus délicat.

Note : 5/6

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mardi, septembre 04, 2012

Peter GABRIEL Passion (1989)

Peter Gabriel - Passion
B.O./Atmosphérique/World (Angleterre - International)


Passion… un nouvel aboutissement, voire l’aboutissement de Peter Gabriel. La bande originale du très beau film de Scorsese, La dernière tentation du Christ, merveille cinématographique, minimaliste et épurée, montrant à la fois la condition humaine du Christ et sa dimension divine… toute cette ambiguïté, ce mystère sacré… Passion dresse quant à lui un merveilleux tableau musical, et affirme cette fois la condition d’artiste de Peter Gabriel. Loin de ‘Sledgehammer’ ou de ‘Steam’, Passion révèle toute la profondeur et les directions artistiques propres du Gab’. Musicien pop, Peter Gabriel est avant tout un créateur d’univers ambiants, denses et pénétrants, abyssaux…

Avec Passion l’ange Gabriel nous emmène dans un voyage à trois dimensions : psychologique, au même titre que Security, mais cette fois en se plaçant parfois dans l’esprit christique, ressentant à la fois l’angoisse et la félicité ; historique, puisque le film et le concept album qui l’illustre retracent la crucifixion du Christ ; géographique, car c’est sous fond de world music synthétique et de très haut niveau que l’histoire nous sera contée, par des rythmes et des sons nord-africains, mais aussi provenant d’autres parties de la planète (Arménie, Kurdistan par exemple). De nombreux artistes venant de toute région du monde participent à cette expérience. À noter la présence de Youssou N’Dour et de L. Shankar, accompagnant parfois des musiciens que l’on a l’habitude de rencontrer avec le Gab’ comme David Rhodes ou Manu Katché.

‘The Feeling Begins’… nous entrons en immersion. Dans un esprit, dans une histoire, dans une région du monde. Dans une musique. Les flûtes exotiques et troublantes de ‘Gethsemane’ ; la mélodie prophétique et inquiétante du magistral ‘Of These, Hope’, en deux parties entrecoupées par le lumineux ‘Lazarus’ ; les tourments intérieurs d'‘In Doubt’ auxquels succède avec une transition parfaite ‘A Different Drum’, titre majestueux et rythmé, très mélodique ; les mystères de ‘Zaar’ qui dévoile en son cœur de nouvelles énigmes musicales ; l’éthéré ‘Open’ et l’épique ‘Passion’ ; le classicisme ‘With This Love’ à la beauté poignante et aveuglante, proche de la lévitation, se situant parmi les titres les plus importants de ma modeste vie ; et enfin la toute fin du disque ‘It Is Accomplished’/’Bread and Wine’, composée de deux morceaux possédant la même trame, et nous ouvrant les portes de leur lumière chaude et diaphane…

Passion représente une collection de tons et de titres diversifiés mais formant un tout très homogène, maîtrisé aussi bien par les instruments régionaux que par la technologie. Entre tradition et modernité. Un fossé devenant réconciliation, tel un tour de force, et donnant au disque une vraie identité, sincérité, spiritualité. Entre humanité et divinité.

Note : 6/6Morceaux fétiches : ‘With This Love’, ‘Zaar’, ‘Of These, Hope’, ‘In Doubt’/’A Different Drum’, ‘Open’, ‘Passion’, ‘It Is Accomplished’/’Bread and Wine’

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lundi, août 09, 2010

MARILLION Seasons End (1989)

Marillion - Seasons end
Néo-progressif / Pop aérienne (G.B.)


Marillion à la croisée des chemins… dans l’élaboration d’une nouvelle formule qui fera date. Un nouvel artwork déjà, résolument moderne, qui tranche avec l’imagerie du passé mais en en gardant quelques traces symboliques, celles du caméléon et de l’oiseau, du clown et du bouffon. Un nouveau chanteur surtout, Steve Hogarth, qui place sa voix sur un disque pratiquement déjà composé et qui n’attendait plus que lui… pour remplacer Fish qui avait déjà fait ses valises. Certes, si la majorité des textes est écrite par John Helmer, Hogarth pose sa pierre à l’édifice en ajoutant indubitablement, et pour longtemps, une personnalité artistique propre, au service d’une musique qui se tourne davantage vers une pop aérienne et délicate… En fait, ce qui me trouble le plus dans ce disque c’est la foi, la puissance spirituelle qui émane de l’ensemble. Quelque chose de véritablement ardent, vibrant, quelque chose d’intrinsèquement profond et humain, illuminant la totalité d’un disque mettant en évidence un groupe à l’apogée de son art. Rarement, Marillion fut aussi intense dans sa musique. Et beaucoup de moments forts consolident évidemment ce sentiment… Déjà, l’entrée en matière, dans laquelle Marillion dévoile tout son art : ‘The King of Sunset Town’, morceau dont j’aime particulièrement la fin, tout en subtilité… Puis vient ‘Easter’, un classique du groupe, qui brille par ses mélodies et parties de guitares. Mais surtout, après le dynamisme volontaire de ‘The Uninvited Guest’, se met en place ‘Seasons End’, un morceau émouvant jusqu’aux larmes, fragile et pénétrant... Un hymne à la vulnérabilité, doté d’un solo floydien impérieux et d’une coda hypnotique assez hallucinante, faisant irrémédiablement voyager l’auditeur. Puis c’est le couplet de ‘Holloway Girl’, efficace, lucide, décisif… avant que se dévoile toute la ferveur de ‘Berlin’, une chanson absolument sublime ; le passage avec le sax y est d’ailleurs tout bonnement terrible, et puis là encore, le titre se finit de la plus belle manière, avec ces atmosphères troublantes et si personnelles… Ambiances que l’on retrouve sur ‘After Me’, avant que le disque ne se referme sur une autre coda magistrale, celle de ‘The Space…’, toujours dans une grande intensité... Le disque joint la pureté de la nature, illustrée ici par l’artwork, à l’accomplissement artistique de l’humain. Magnifique, témoignant d’une grande humilité, Seasons End se révèle un opus de qualité, habile et exigeant, d’une grande sensibilité. Un tour de force dans un moment crucial pour le parcours de Marillion : la fin d’une saison et déjà un sommet artistique.

Note : 5,5/6

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mercredi, avril 02, 2008

RUSH Presto (1989)

Rush - Presto
Art Rock / Prog / FM (Canada)


Curieuse pochette… Reste à savoir ce que Rush a fait sortir cette fois-ci de son chapeau de magicien. Lisse et froid, Presto demeure en tout état de cause l'un des disques les plus FM du groupe. La production est claire, les nappes de clavier se montrent présentes… et la place de la guitare n’est pas pour autant négligée puisqu'elle est à nouveau mise au goût du jour afin de retrouver une certaine énergie. En fait, le groupe tente de s'éloigner progressivement de la technologie et du monde synthétique. En termes de qualité pure, on décèle dans Presto quelques pépites : le tubesque ‘Show Dont Tell’ ; ‘The Pass’ ; le très rythmé ‘Hand Over Fist’ ; ou encore ‘Available Light’. Malheureusement, le reste des morceaux demeure globalement d’un niveau inférieur. Ainsi, la créativité s'efface parfois un peu trop derrière une production pourtant très soignée. Ce qui n’empêchera pas de passer quelques bons moments avec ce disque. That’s entertainment…

Note : 3,5/6

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