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Exil progressif

Un blog old-school sur les musiques progressives et psychédéliques

jeudi, novembre 08, 2012

THE ALAN PARSONS PROJECT Eye in the Sky (1982)

The Alan Parsons Project - Eye in the Sky
Art Rock/Pop (Grande-Bretagne)


Ce projet est né de la rencontre en 1974 entre Eric Woolfson, pianiste de session et compositeur, et Alan Parsons, qui avait travaillé comme ingé son sur Abbey Road et Dark Side of the Moon, qu’on ne présente plus. Eye in the Sky représente un peu le succès du groupe, puisant sa force dans un équilibre art-rock/pop FM, conciliant à la fois radios et amateurs de prog. L’épine dorsale constituée du duo Parsons/Woolfson s’entoure de différents chanteurs (Colin Blunstone par ex) pour chacun des titres qui le nécessitent. Cette diversité des voix se superpose à la multiplicité des styles et des approches musicales abordés dans Eye in the Sky.

Chacun jugera de ses morceaux préférés mais il est difficile d’en oublier certains : la courte ouverture du disque, l’instrumental ‘Sirius’, assez célèbre, solennelle et magnétique ; la chanson-titre, hit interplanétaire, dégageant un charme suranné qui nous plonge irrémédiablement dans l’époque ; ‘Silent and I’, beaucoup plus prog dans l’idée et dans la structure, avec notamment comme section middle une cavalcade de cuivres assez imposante ; ‘You're Gonna Get Your Fingers Burned’, rock assez basique mais que j’aime beaucoup pour son couplet efficace ; et aussi ‘Mammagamma’, pop numérique, dansante et spatiale. L’ensemble est hétérogène tout en gardant une certaine cohérence grâce à l’esprit qui anime ce disque et à la production qui mâtine les morceaux en leur donnant un certain éclat.

Hétérogène et cohérent certes, mais qualitativement un tantinet inégal. Je suis en effet plus circonspect pour l’irritant ‘Psychobabble’. ‘Gemini’ me semble un peu dispensable, avec ses appels du pied aux Beach Boys. Malgré son solo de guitare, ‘Children of the Moon’, tout comme le pourtant sympathique ‘Step by Step’, n’apportent pas énormément au disque, complétant l’ensemble de façon honnête. Quant à ‘Old and Wise’, c’est difficile à dire, puisqu’elle se situe entre la ballade guimauve et le morceau attendrissant. En fait, le disque présente quand même sur toutes les compositions une identité forte, bien d’époque, et cela est à double tranchant ; on pourra aimer ce disque pour ses mélanges, mais aussi ne pas y adhérer pour ses aspects datés et kitch, et son lyrisme parfois un peu pompeux. Il reste quand même un passeport de renom pour revisiter quelques facettes des 80’s.

Note : 4/6

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vendredi, octobre 26, 2012

Kate BUSH The Dreaming (1982)

Kate Bush - The Dreaming
Art Rock/Pop (Angleterre)


Des songes complexes et étranges, une musique sophistiquée et aventureuse… Kate Bush franchit ici véritablement le pas, pour nous afficher une identité artistique bien énigmatique. Alambiqué, multi facette, synthétique, The Dreaming est un disque à part, très personnel (produit par l’artiste elle-même), parfois hostile, souvent accidenté, toujours dépaysant. S’appuyant sur un Never For Ever à la croisée des chemins, le quatrième album de Kate nous fait entrer de plein pied dans un univers intérieur atypique et dès lors intrigant, poésie à la fois théâtrale et intime. La face A du disque, très solide, nous présente les morceaux que je préfère : les atmosphères de ‘There Goes A Tenner’, l’instabilité délicieuse de ‘Pull Out The Pin’, l’exotisme mélodique et irréel de ‘Suspended in Gaffa’, et la subtile discrétion de ‘Leave It Open’. De façon étonnante, j’ai avant tout envie de retenir de la seconde face le farouche ‘Get Out Of My House’, prêt à hérisser devant nous toutes ses épines. Très mature malgré quelques petites maladresses par endroit, The Dreaming reste une œuvre majeure dans la carrière de Kate Bush, un disque unique... Unique comme chaque rêve est unique.

Note : 4,5/6

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mercredi, août 15, 2012

Peter GABRIEL Peter Gabriel [Security] (1982)

Peter Gabriel - Security
Art Rock/Pop (Angleterre)


Car était le premier disque de Peter Gabriel et Melt son premier classique. Security doit dès lors être son premier chef d’œuvre, à peu de choses près… Accompagné de son groupe (Tony Levin, David Rhodes, Jerry Marotta, Larry Fast), il compte aussi sur la participation de Peter Hammill, John Ellis et Simon Phillips. Et toute cette joyeuse troupe va être à l’origine d’un des plus grands opus de la carrière du Gab’. L’hétérogénéité des thèmes abordés (confiance et anxiété, spiritualité, dépaysement et déracinement) s’efface pour laisser place à une musique envoûtante, tribale et fiévreuse. Une world music synthétique, sombre, introspective, tourmentée, évocatrice…

C’est dans la chaleur bouillonnante de ‘The Ryhtm Of The Heat’ que Security prend naissance. Un réveil dans de nouvelles contrées, de nouveaux panoramas, de nouvelles ambiances intérieures, psychologiques, mais nous dépassant également, tel un voyage troublant auquel nous sommes invités un peu malgré nous. Security dessine le paysage de notre âme. Et cette impression ne sera que renforcée par le magistral et majestueux ‘San Jacinto’, construit autour d’une boucle musicale hypnotique et envoûtante, scintillant comme des verres multicolores qui s’entrechoquent. Le titre finit par muter, par éclore sous un autre jour, en dévoilant ses atmosphères grandioses, tel un grand plongeon aérien vers de nouveaux horizons... Comme cela sera approfondi par son magnifique Passion, la musique de Peter Gabriel semble à la fois un voyage introspectif/psychologique et une exploration géographique et culturelle ; à la fois flux de conscience et world music syncrétique.

On aurait tort de négliger le dynamisme d'‘I Have The Touch’ et toute l’étrangeté lugubre de ‘The Family And The Fishing Net’, mais c’est sur la suite que j’aimerais me pencher : le tube ‘Shock The Monkey’, percutant et atmosphérique, et sur les deux perles magistrales à qui il fait place... Tout d’abord le fiévreux, subtil et pénétrant ‘Lay Your Hands On Me’, avec ces nappes de clavier diaphanes et ascendantes qui se faufilent au plus profond de nos souvenirs... et bien sûr ‘Wallflower’, jardin secret, jardin intérieur mélancolique troublant faisant office d’un de ses plus beaux poème musical… Après ces deux morceaux définitifs, l’œuvre se referme finalement sur une note plus tonique et exotique, avec le coloré ‘Kiss Of Life’, titre relativement mineur au vu des sommets précédemment atteints, mais demeurant important pour l’identité du disque.

Ces sons soyeux, synthétiques et tordus, opaques, bigarrés et ornementés… Jamais auparavant l’univers de Peter Gabriel ne s’est montré aussi abouti. Security est un voyage sensoriel unique pour des destinations multiples. Une œuvre maîtresse.

Note : 6/6 – Morceaux fétiches : ‘Wallflower’, ‘San Jacinto’, ‘Lay Your Hands On Me’, ‘Shock The Monkey’

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mercredi, juillet 30, 2008

KING CRIMSON Beat (1982)

King Crimson - Beat
Progressif, New Wave (Angleterre)


Une autre trilogie continue… Cette foi-ci, Crimson prouve qu’il demeure tout à fait capable de surfer sur la vague des années 80, exercice périlleux mais réussi avec brio. Premier fait notable en tout cas : aucun changement de line up n’est survenu depuis le précédent opus… La machine rythmique crimsonienne va donc pouvoir continuer à faire des étincelles avec virtuosité, en nous montrant les nouveaux schémas rythmiques et les différentes couleurs et textures sonores qu’elle est capable de générer. Cela étant, le groupe reprend cette fois-ci les éléments de Discipline pour faire quelque chose de bien plus accessible, de bien plus pop (sous l’impulsion notable d’Adrian Belew), sans négliger pour autant un travail parfois assez net sur les ambiances. Si, au vu de l’ensemble, le résultat s’en trouve peut-être moins conceptuel, le disque brille souvent par son efficacité, notamment par le biais de ses trois premiers titres. Quant à ‘Waiting Man’, à la section rythmique proprement hallucinante, il développe intelligemment l’influence des musiques du monde. Par ailleurs, on retrouve une fois encore cette matérialisation musicale du stress urbain très marquante, sur ‘Neurotica’. Enfin, ‘Requiem’, un titre plus expérimental et légèrement bruitiste, termine le disque de belle façon, affirmant la prétention de Crimson à rester sur le terrain expérimental. Alors, pas question de faire la fine bouche devant ce disque. Jugé indigne ? Jugé intrépide. Jugé turbulent et indiscipliné. Jugé (presque) inusable.

Note : 5/6

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mercredi, avril 02, 2008

RUSH Signals (1982)

Rush - Signals
Hard Prog / FM (Canada)


Signals termine en quelque sorte la trilogie novatrice abordée avec Permanent Waves et confirmée par Moving Pictures. Mais avec ce disque, Rush semble à la croisée des chemins : après avoir terminé sa mue, il se dirige vers une autre période dominée par un usage prépondérant des synthés. Dès l’introduction de l’hypnotique ‘Subdivisions’, nous savons clairement où nous sommes : Rush a muté son rock arty en une forme de néoprogressif habile. Ici, les claviers ont pris encore plus d’importance sans aller à l’encontre de l’identité de Rush : mieux, ils la refondent. Futuriste, atmosphérique, méditatif, mais surtout technique et appliqué, bien produit, Signals demeure une œuvre dystopique empreinte de modernité. Parmi les meilleurs moments du disque on note bien sûr l’ouverture du disque, les ambiances de ‘The Analog Kid’ et de ‘Chemistry’ (certains sons rappelant le Misplaced Childhood de Marillion) mais aussi la beauté empreinte de nostalgie de ‘Losing It’, et le très rythmé ‘The Weapon’. En définitive, Signals apparaît comme un classique du groupe, souffrant parfois de la comparaison avec ses deux prédécesseurs, mais comptant indiscutablement parmi ce que Rush a fait de mieux.

Note : 5,5/6

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lundi, juin 26, 2006

GENESIS Three Sides Live (1982)

Genesis - Three Sides Live
Pop & Progressif Symphonique (Angleterre)


Si Three Sides Live n’apparaît pas en général comme le live le plus important du groupe, il mérite cependant de s’y pencher un tant soit peu. La version que je chronique ici (il y en a plusieurs, je passe les détails…) contient deux disques de performances live. Le premier se compose de titres d’époque interprétés correctement (avec notamment une version allongée de ‘Abacab’), et s’écoute assez bien malgré un léger manque de tonus. Il faut dire que les compositions ne sont pas les meilleures du groupe mais un attachement au son « moderne » de l’époque pousse à les prendre en considération. Le second disque est quant à lui beaucoup plus intéressant car il procure irrémédiablement le plaisir de voir s’enchaîner certains des plus grands moments du groupe : Genesis réunit dans un medley l’excellentissime ‘In the Cage’, un titre à mon sens de plus en plus symbolique, l’instrumental final de ‘Cinema Show’ et le solo fantasque de ‘The Colony of Slippermen’… puis c’est l’enchaînement parfait avec ‘Afterglow’, et là la nostalgie du fan prend le dessus. La surprise aussi quand on ne s’attend pas à voir se succéder tous ces moments de bonheur simples. Le groupe a également le bon goût de jouer l’hivernal ‘One for the Vine’ et le cultissime ‘Fountain of Salmacis’ avant de terminer le disque avec ‘it’ suivi de toute la tension théâtrale de ‘Watcher of the Skies’… merveilleux ! Si cela n’a rien de totalement renversant, on ne peut renier le plaisir d’entendre les membres du groupe enchaîner librement des moments de musique si enthousiasmants. Mais au fond, n’ayons pas l’air trop surpris : n’est-ce pas le but de tout artiste progressif de s’adonner à ce genre d’exercice en concert ?

Note : 4/5

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